[Chronique] La Servante écarlate, par Margaret Atwood

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« Nous vivions, comme d’habitude, en ignorant. Ignorer n’est pas la même chose que l’ignorance. Il faut se donner de la peine pour y arriver. » 

Titre original : The Handmaid’s Tale
Auteur
: Margaret Atwood
Éditeur
:  Robert Laffont
Date de parution
: 29 septembre 1987 (France)
Genre : Dystopie (science fiction)
Nombre de pages
: 511
 
 Synopsis : 
Devant la chute drastique de la fécondité, la république de Gilead, récemment fondée par des fanatiques religieux, a réduit au rang d’esclaves sexuelles les quelques femmes encore fertiles. Vêtue de rouge, Defred, « servante écarlate » parmi d’autres, à qui l’on a ôté jusqu’à son nom, met donc son corps au service de son Commandant et de son épouse. Le soir, en regagnant sa chambre à l’austérité monacale, elle songe au temps où les femmes avaient le droit de lire, de travailler… En rejoignant un réseau secret, elle va tout tenter pour recouvrer sa liberté.

Mon avis

J’ai découvert ce grand classique de la littérature grâce à la série télévisée dont la saison 1 a été diffusée à partir du 26 avril 2017 aux Etats-Unis. Vous l’aurez deviné, j’ai beaucoup aimé la série et je me suis empressée d’aller acheter le livre qui fut un véritable coup de cœur !

L’histoire tout d’abord est vraiment poignante. On découvre au fur et à mesure comment la société a été transformée pour faire face à une chute drastique de la fécondité.  Tous les éléments nous sont donnés au compte-goutte à travers les yeux du protagoniste principal : Offred (Deffred en français). Ce nom lui a été donné, car elle est au service du comandant Fred Wateford. Elle a ainsi dû, comme toutes les servantes écarlates, changer de nom, si bien qu’on ne connaît pas sa véritable identité.

Le récit se fait de manière très lente, en alternant des chapitres se déroulant le jour et des chapitres nommés « Nuit ». Ce rythme particulier pourrait en déstabiliser plus d’un, il y a très peu d’action. Il ne faut pas s’attendre à trouver des rebondissements à chaque page, non, la beauté de ce récit est ailleurs. Il s’agit en réalité de réflexions. Les réflexions d’une femme reléguée au rang d’esclave sexuelle, qui essaye de ne pas sombrer dans la folie, de trouver des échappatoires, notamment en se remémorant le passé. Finalement, elle nous dépeint ce nouveau monde de manière très subjective. On se pose énormément de questions sur la manière dont les choses en sont arrivées là, sur la condition des autres femmes, mais aussi des hommes, mais le récit ne nous donne que très peu d’éléments de réponse, et cela peut être très frustrant. J’ai parfois trouvé un peu facile de ne pas nous révéler certaines choses qu’on meurt d’envie de savoir et c’est la seule chose que je reprocherais à ce livre. Donc si vous n’aimez pas laisser parler votre imagination et que vous avez besoin de connaître les réponses à chacune de vos questions, attendez-vous à être frustrés devant cette lecture !

LA PLUME DE MARGARET ATWOOD

J’aI été subjuguée par la plume de Margaret Atwood. Elle arrive à apporter douceur et poésie dans un monde où ses deux mots ont été bannis. On peut même se surprendre à sourire malgré l’horreur de la situation dans laquelle se trouvent les personnages. Cette écriture aide à digérer ce qu’on est en train de lire, même si cela reste particulièrement dérangeant, car on se met totalement à la place d’Offred et on se demande sans cesse comment on réagirait à sa place.

La fin est exactement comme je les aime, mais je comprends qu’elle puisse en décevoir beaucoup, je n’en dirais pas plus pour ne pas spoiler. Sachez toutefois qu’il y a une partie Notes historiques qu’il ne faut pas oublier de lire, car elle est particulièrement intéressante et apporte pas mal d’informations en plus.

DU LIVRE A LA SÉRIE

Ayant regardé d’abord la série télévisée, j’ai été assez surprise pendant ma lecture. Je trouve que les deux œuvres sont assez différentes. La série est plus crue et plus dure, même si le rythme est assez lent, il se passe beaucoup de choses qu’on ne retrouve pas dans le livre. La série ne se cantonne pas au personnage d’Offred, mais suit également beaucoup d’autres personnages, dont certains ne sont que mentionnés dans le livre. Ainsi la série extrapole un destin à ces personnages et je m’attendais à retrouver la même chose dans le livre, mais ce n’est pas le cas.

Pour autant, cela n’est pas si dérangeant. Je pense que j’aurais été plus perturbée par cela si j’avais vu la série après avoir lu le livre. Je reste quand même curieuse de voir ce qu’il va se passer dans la saison 2, puisque la saison 1 couvre déjà tout le livre de Margaret Atwood. Affaire à suivre…

CONCLUSION

Ce livre a été un véritable coup de cœur pour moi. J’ai adoré la plume de Margaret Atwood qui dépeint de manière douce et poétique une société pourtant glaçante. Néanmoins, l’auteur ne nous donne que très peu d’informations sur la réalité de la situation et si vous avez peur d’être frustré par cela, je vous conseille de regarder d’abord la série télévisée qui apporte beaucoup plus d’éléments de réponse.

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