[Chronique] Le lecteur de cadavres, d’Antonio Garrido

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« Les mois passant, Ci apprit à distinguer les blessures accidentelles de celles produites dans l’intention de tuer ; à discerner entre les coupures produites par les haches de celles causées par des dagues, des couteaux de cuisine, des coupe-coupe ou des épées ; à faire la différence entre une pendaison et un suicide […]. Il découvrir que les procédés employés pour assassiner étaient le plus souvent grossiers et instinctifs quand les mobiles obéissaient à la jalousie, à la fureur ou à une brusque dispute, mais qu’ils augmentaient en raffinement et en ruse lorsqu’ils avaient pour origine l’obsession et la préméditation. »


 
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Le lecteur de cadavres
Auteur
 : Antonio Garrido
Traducteurs : Nelly et Alex Lhermillier
Éditeur : Le Livre de Poche
Genre : Thriller Historique
Date de parution : 19/03/2014
Nombre de pages : 761
Prix : 8,60 €

Synopsis (attention synopsis très spoilant sur l’intrigue !) :

Inspiré d’un personnage réel, Le lecteur de cadavres nous plonge dans la Chine Impériale du XIIIe siècle et nous relate l’extraordinaire histoire de Ci Song, un jeune garçon d’origine modeste sur lequel le destin semble s’acharner. Après la mort de ses parents, l’incendie de sa maison et l’arrestation de son frère, il est contraint de fuir son village avec sa petite sœur malade. Ci se retrouve dans les quartiers populaires de Lin’an, la capitale de l’Empire. où la vie ne vaut pas grand-chose. Il devient un des meilleurs fossoyeurs des « champs de la mort », puis, grâce à son formidable talent pour expliquer les causes d’un décès, il est accepté à la prestigieuse Académie Ming. L’écho de ses exploits parvient aux oreilles de l’Empereur. Celui-ci le convoque pour enquêter sur une série d’assassinats qui menacent la paix impériale. S’il réussit, il entrera au sein du Conseil du Châtiment, s’il échoue : c’est la mort.

MON avis

Le lecteur de cadavres nous plonge dans une Chine médiévale très réaliste à la rencontre de la naissance de la médecine légale ! 

Ce roman mêle donc un côté historique hyper bien documenté à une intrigue inventée trépidante. J’avoue que, même si j’adore l’Histoire, je connaissais très mal l’Histoire de la Chine et j’ai donc été ravie d’en apprendre plus sur les us et coutumes de ce pays. Antonio Garido a fait un énorme travail de recherche pour retranscrire à la perfection l’ambiance de cette Chine médiévale. Le roman est agrémenté d’un index qui explique très précisément certains termes utilisés que j’ai trouvé tout simplement passionnant. On en apprend plus sur des très nombreux sujets allant de la manière de compter les heures et les jours de la semaine, aux traditions concernant, la famille, les morts en passant par l’éducation, on ressort de ce livre avec une culture générale bien enrichie et le tout sans avoir eu l’impression de lire une encyclopédie.

Car, si le côté historique est très bien fait, l’intrigue en elle-même est également excellente ! J’ai quand même trouvé le début du roman un peu vacillant avec certains passages passionnants et d’autres qui m’ont un peu plus ennuyée. Le début du roman est extrêmement sombre. Antonio Garido s’est inspiré d’une personne qui a réellement existé, Ci Song, et a essayé d’imaginer comment il est parvenu à devenir l’inventeur de la médecine légale. Et on peut dire que l’auteur n’a pas ménagé son personnage et lui a inventé un destin tragique ! Le début du roman peut donc sembler un peu redondant, avec une accumulation de tragédies, mais lorsque qu’enfin les choses se débloquent pour Ci, l’intrigue devient incroyable et complexe avec du suspens, des rebondissements pour finir en apothéose ! 

Le personnage de Ci est assez attachant, même si j’ai été agacée par son côté un peu lâche, à vouloir fuir devant chaque difficulté. Cependant, j’ai adoré sa passion pour l’apprentissage et son côté très méticuleux. Ce roman met en scène l’examen de plusieurs cadavres et j’ai été impressionnée par l’intelligence de Ci et par les connaissances en médecine légale que possédaient déjà les gens au XIIIe siècle. Je suis également admirative de l’imagination de l’auteur en ce qui concerne l’enquête policière qui est l’élément central de la deuxième moitié du roman et dont la résolution est très complexe, mais très bien vue ! Antonio Garido est un excellent conteur et on ne peut que retenir son souffle jusqu’au dénouement de l’enquête. Et même quand on finit par comprendre qui est le véritable coupable, les choses sont loin d’être résolues et les scènes finales sont incroyables tant la tension est énorme et les retournements de situation nombreux ! Bref ce roman aura réussi à me surprendre, à me passionner et à me cultiver, que demander de plus ?

Conclusion

Même si la première partie du roman est un peu aléatoire au niveau du rythme, la seconde moitié concernant l’enquête policière est trépidante avec une tension qui monte crescendo pour finir sur un dénouement incroyable !  De plus, le côté historique est très bien traité avec des personnages très bien construits, ce qui fait de ce roman une grande réussite ! 

TB lecture

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