[Chronique] La forêt des araignées tristes de Colin Heine

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« Il était et resterait un être moyen. Vivant une existence moyenne, semblable à celle de millier d’autres qui naissaient, passaient et disparaissaient sans que la terre en gardât de véritables traces Il côtoyaient leurs semblables, les marquaient et les façonnaient, s’en faisaient parfois aimer et regretter, mais même les regrets finissent un jour par s’estomper, remplacés par l’impérieux de l’existence, l’immédiat du quotidien qui vous prend, vous emmène et vous fait tout oublier. »


 
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La forêt des araignées tristes
Auteur 
: Colin Heine
Illustration : Dogan Oztel
Éditeur : ActuSF
Genre : Fantasy
Date de parution : 07/02/2019
Nombre de pages : 487
Prix : 19 €
Synospsis
Bastien est paléontologue : sa spécialité ? Étudier les créatures étranges qui naissent de la vape, ce mystérieux brouillard aux propriétés énergétiques extraordinaires qui a recouvert le monde et menace de l’engloutir un peu plus chaque jour. Tour à tour victime d’un dramatique accident en apparence banal duquel il réchappe de justesse et témoin d’un attentat, où sa survie ne tient à nouveau qu’à un fil, il voit son destin basculer. Le voilà pris dans l’engrenage d’une affaire d’espionnage d’envergure internationale, sous les feux croisés d’une société secrète d’assassins, de brutes armées et d’une agence de détectives aux méthodes douteuses. Sans compter qu’une créature cauchemardesque, tout droit venue des Vaineterres, ces zones perdues dans un océan de vape, semble bien décidée à lui faire la peau…

MON avis

La Forêt des araignées tristes est la nouvelle pépite d’ActuSF de cette rentrée de janvier/février, c’est-à-dire le premier roman d’un auteur que cette maison d’édition a décidé de mettre en avant. 

Le gros point fort de ce récit est sans conteste son univers, hyper original et assez visuel. Ce récit aux allures steampunk prend place dans une ville tout en hauteur et dans laquelle on se déplace par de grands ponts suspendus ou sur le dos de gargouilles (pour la portion la plus aisée de la population). La ville permet donc une hiérarchisation de la population, les plus pauvres n’ayant droit qu’au bas de la ville à la merci de l’étrange « vape » qui recouvre la planète. On sent donc très fortement que le fond du récit va servir de critique sociétale et là où les choses commencent à se gâter, c’est le gros manque de finesse de cette critique. Celle-ci n’est pas bien intégrée dans le roman, seuls certains chapitres abordent ce thème et on a donc l’impression qu’ils sortent de nulle part tant ils sont en décalage avec l’intrigue principale qui est une enquête. Le message est donc trop gros et manque énormément de subtilité. Les explications politiques et sociétales de cet univers auraient mérité d’être retravaillés, car finalement les passages en question sont plus pénibles qu’autre chose à lire alors que ce qu’ils dénoncent auraient pu être légitime. 

Pourtant j’avais vraiment beaucoup aimé le début du récit. J’ai été très facilement immergée dans cet univers, j’étais curieuse de découvrir l’enquête qui paraissait plutôt bien ficelée même s’il faut avouer qu’il est assez difficile de comprendre les agissements de certains personnages, notamment Bastien, mais je me suis dit qu’il y aurait certainement une explication plus tard… Malheureusement, je me suis trompée et passée la première partie, la déception a été amer. 

Je dois dire que la couverture et le titre m’avait vraiment attirée. J’avais hâte de découvrir cette forêt et ses araignées. Seulement, la réalité du roman est très loin de cette image et cette forêt est très vite oubliée, tout comme les araignées qui n’ont absolument rien d’exceptionnel et n’apparaissent que très peu dans toute l’histoire. Le résumé nous parlait également du métier de Bastien, étudier les animaux de la vape. Encore une fois, le récit n’aborde quasiment pas le métier du personnage et n’attendez donc pas d’en savoir plus sur cette fameuse vape et ce qu’elle abrite. La promesse n’est donc pas tenue si on ne juge qu’à ces éléments. 

Mais là où j’ai été le plus énervée contre ce roman, c’est la grosse révélation qui arrive à 60% du récit et qui pour moi a marqué le point de non-retour. Cette révélation a enlevé toute la crédibilité de l’intrigue, je l’ai même trouvé grotesque et c’est un peu le sentiment que j’ai eu jusqu’à la fin du roman. Les ficelles deviennent beaucoup trop grosses, certains personnages apparaissent soudainement parce qu’on avait besoin d’eux pour que l’intrigue avance, la fin est incompréhensible et beaucoup trop facile… Bref je ne pense pas qu’il soit nécessaire d’en dire plus. Ce roman avait un potentiel énorme, mais j’ai l’impression que l’auteur a voulu aborder trop de thèmes différents qui finalement se retrouvent mal exploités et, sous couvert d’originalité, le récit tombe dans la facilité et l’irréalisme. 

Conclusion

J’ai beaucoup aimé le début du récit et notamment l’univers original avec ses gargouilles volantes. Cependant trop de thèmes sont abordés et le récit finit par manquer d’un réel fil conducteur et par se perdre au milieu de trop d’incohérences et de facilités. 

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Merci à ActuSF pour l’envoi de ce roman

2 réflexions sur “[Chronique] La forêt des araignées tristes de Colin Heine

  1. Signé C. 28 février 2019 / 14 h 20 min

    La couverture est superbe, le titre donne envie aussi, par contre le résumé ne m’attire pas. Quand je vois ton avis je me dis qu’il faut se fier à ce résumé ! 😉 Merci pour cette découverte et d’avoir partagé ton avis.

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