[Chronique] Les Neiges de l’éternel, de Claire Krust

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« La culpabilité l’assaillit presque aussitôt comme un rapace fondant sur sa proie. La culpabilité d’éprouver ce sentiment de liberté illégitime et interdit d’allégresse. »


 
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Les Neiges de l’éternel
Autrice 
: Claire Krust
Illustration : Ju Shan Chang
Éditeur : ActuSF
Genre : Fantasy
Date de parution : 20 août 2015
Nombre de pages : 368
Prix : 8.90 €
Synospsis

Dans un Japon féodal fantasmé, cinq personnages racontent à leur manière la déchéance d’une famille noble. Cinq récits brutaux qui voient éclore le désespoir d’une jeune fille, la folie d’un fantôme centenaire, les rêves d’une jolie courtisane, l’intrépidité d’un garçon inconscient et le désir de liberté d’un guérisseur.
Le tout sous l’égide de l’hiver qui s’en revient encore.

MON avis

Les neiges de l’éternel est une oeuvre un peu particulière puisqu’elle est découpée en 5 récits d’environ 70 pages chacun qui se concentre à chaque fois sur un personnage différent. Bien que les récits ne se suivent pas chronologiquement parlant, tous sont liés les uns avec les autres. On va ainsi trouver des personnages communs dans tous les récits à différentes étapes de leur vie. 

Un roman doux-amer

J’ai beaucoup aimé l’ambiance japonisante de ce roman qui extrêmement bien retranscrite. Même si le résumé nous dit qu’on est dans un « japon féodal fantasmé » tout est extrêmement proche de l’idée qu’on peut avoir du Japon. Je m’attendais à ce que le pays ne soit qu’une source d’inspiration lointaine, mais finalement mis à part le côté fantastique du roman, tout jusqu’aux moindre détails est bien calqué sur le Japon, des coutumes et traditions jusqu’aux descriptions des paysages. L’univers est donc extrêmement dépaysant d’autant plus qu’on imagine souvent le Japon avec ses cerisiers en fleur et non au cœur de l’hiver comme il en est question dans ce roman. L’hiver tient d’ailleurs une place centrale dans le récit, il apporte un côté nostalgique et une douceur qui illustrent parfaitement les histoires qui sont contées. 

L’aspect que j’ai le plus aimé dans ce roman est sa simplicité. Il ne cherche pas à en mettre plein la vue des lecteurs avec des scènes d’action invraisemblables à gogo, il se contente de raconter une histoire simple. Les personnages ne s’en sortent pas grâce à un hasardeux retournement de situation. Bien au contraire, certaines histoires finissent mal, et toutes possèdent une part de tragédie, comme une métaphore du monde réel. Finalement s’il n’y avait pas eu d’aspects fantastiques dans l’histoire, on aurait très bien pu penser que ce roman était la biographie d’une vraie famille japonaise tombée peu à peu en disgrâce tant les réactions des personnages sont justes et loin d’être manichéennes. Cette simplicité et ce côté extrêmement réaliste est un aspect qu’on ne trouve pas si souvent dans les romans et qui apporte un côté extrêmement rafraîchissant. De plus, même si chaque histoire possède un côté tragique, la plume de Claire Krust réussit à les adoucir grâce à son extrême douceur. Je pourrais finalement qualifier ce roman de doux-amer. Malgré la difficulté et les épreuves, l’espoir était toujours présent et c’est le mot qui qualifie le mieux chacune des histoires. Outre les personnages, le fil conducteur de chacun des récits est bien l’espoir. 

Les différents récits 

Comme souvent dans les recueils de nouvelles, certaines histoires nous parlent plus que d’autres et ce roman ne fait pas exception. Les histoires que j’ai préférées ont été la première et la dernière. Le premier récit est vraiment le plus simple, il ne se passe pas énormément de choses, c’est un récit initiatique mais je l’ai trouvé captivant et j’ai beaucoup aimé les émotions qu’il s’en dégageait. J’ai trouvé qu’il introduisait brillamment le roman puisqu’il nous confronte à quasiment tous les personnages que l’on va retrouver par la suite. Ce premier récit nous permet donc de nous immerger en douceur dans l’univers sans pour autant être trop introductif au point que l’on s’ennuie. 

Le deuxième récit nous introduit la part fantastique de l’histoire. J’ai apprécié cet aspect qui apporte la touche d’originalité du roman. Difficile d’évoquer ce récit sans spoiler, mais je peux dire que ce côté fantastique est traité de manière assez étrange voire dérangeante. Les émotions transmises sont assez contradictoires et il est assez difficile de s’attacher au personnage mis en avant. Néanmoins, il est extrêmement intriguant et l’envie d’en savoir plus sur ce personnage étrange nous pousse à continuer cette histoire finalement assez agréable à lire, bien qu’un peu redondante. 

La troisième histoire nous emmène au cœur de la misère japonaise, puisqu’on suit une courtisane forcée d’exercer ce métier qui ne lui convient pas. Ce récit s’appuie surtout sur un côté extrêmement psychologique. On suit surtout les pensées de la courtisane dans le quotidien de ses journées. J’avais un peu peur d’aborder ce récit, car il se démarque énormément des deux précédent et finalement je l’ai beaucoup apprécié et particulièrement la fin qui est sûrement celle qui représente le plus ce côté doux-amer que j’évoquais précédemment.

Le quatrième récit est celui que je n’ai pas aimé. Je n’ai pas du tout apprécié le personnage principal et je l’ai trouvé assez long et ennuyeux. Il nous laisse en plus avec pas mal d’interrogation et donc sur une note assez frustrante. Le seul point assez intéressant dans ce récit est qu’on en apprend plus sur le destin des personnages rencontrés précédemment.

Enfin, comme je le disais le quatrième récit a été l’un de mes préférés. J’avais hâte de retrouver ce nouveau personnage central que l’on avait seulement croisé dans le premier récit et que j’avais déjà beaucoup apprécié. Ce récit est un peu plus dynamique que les autres, il y a un peu plus d’action, le personnage est confronté à des choix très intéressants et on se demande jusqu’au bout s’il va s’en sortir et comment. Ce récit permet vraiment au roman de terminer avec une belle note d’espoir, comme si finalement c’est le message le plus important qu’il voulait faire passer.

Globalement, j’ai beaucoup apprécié le fait que les récits ne soient pas dans l’ordre chronologique. Il faut un temps d’adaptation à chaque fois pour essayer de deviner à quelle époque on se trouve et où peuvent être les personnages suivis précédemment. Ce choix narratif est extrêmement bien mené et permet d’apporter une touche de suspens puisque certains éléments ne sont amenés que petit à petit et dans le désordre. Bref, cette construction déstructurée est un des grands points forts du récit et lui permet de fonctionner parfaitement ! 

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Conclusion


Ce roman à la trame narrative très particulière met en avant le destin de cinq personnages possédant tous un lien entre eux dans un univers japonisant très dépaysant et bien imagé. Même si certaines histoires sont plus captivantes que d’autres, toutes possèdent un côté doux-amer apporté d’un côté par des destins extrêmement tragiques et de l’autre par la plume douce et envoûtante de Claire Krust et la forte dose d’espoir qui se dégage des différentes histoires. 

tb lecture

 

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