[Chronique] Cent millions d’années et un jour, de Jean-Baptiste Andrea

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« Nous avons laissé la couleur derrière nous. Tout est gris même le vert des lichens. […] Si la montagne voulait nous entraîner dans un piège, elle ne s’y prendrait pas autrement. »


 

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Cent millions d’années et un jour
Auteur 
: Jean-Baptiste Andrea
Éditeur : L’iconoclaste
Genre : Contemporain
Date de parution : 21 août 2019
Nombre de pages : 310
Prix : 18 €
Synopsis
1954. C’est dans un village perdu entre la France et l’Italie que Stan, paléontologue en fin de carrière, convoque Umberto et Peter, deux autres scientifiques. Car Stan a un projet. Ou plutôt un rêve. De ceux, obsédants, qu’on ne peut ignorer. Il prend la forme, improbable, d’un squelette. Apatosaure ? Brontosaure ? Il ne sait pas vraiment. Mais le monstre dort forcément quelque part là-haut, dans la glace. S’il le découvre, ce sera enfin la gloire, il en est convaincu. Alors l’ascension commence. Mais le froid, l’altitude, la solitude, se resserrent comme un étau. Et entraînent l’équipée là où nul n’aurait pensé aller.

MON avis

Nouveauté de cette rentrée littéraire, Cent millions d’années et un jour est un roman qui se démarque de ce que j’ai l’habitude de lire puisqu’on est dans ce qu’on peut qualifier de « littérature blanche ». Néanmoins, l’aspect scientifique du récit m’a donné envie de le découvrir, d’autant plus qu’il est rare de voir aborder le domaine de la paléontologie.

Un bon exercice de style

Globalement je ressors de ce roman avec un goût d’entre deux. L’auteur mise énormément sur son style d’écriture qui est extrêmement bien travaillé et que j’ai bien apprécié. Il joue énormément sur la longueur des phrases et sur la temporalité du récit.

  • Ainsi le présent est caractérisé par des phrases assez courtes qui marquent un certain empressement et une urgence. Les personnages affrontent la montagne à la recherche d’un fossile qui n’existe peut-être pas. Ils ont une soif de découverte assez pressante, mais sont en même temps freiné par les caprices de la montagne. Ils savent que le danger deviendra trop fort lorsque l’été sera passé et il y a donc toujours une notion de compte à rebours qui plane au dessus-de leur tête. Le roman est d’ailleurs découpé en quatre parties de longueur inégale correspondant aux quatre saisons.
  • Le roman est également agrémenté de flash back correspondant à l’enfance assez difficile du personnage principal, Stan, qui est aussi le narrateur. Là, le style est marqué par des phrases plus longues faisant écho à la lenteur du temps qui passe. En décalage avec l’instant présent qui est rapide et fugace, le passé de Stan s’étire en longueur. On y parle notamment du deuil et de la relation conflictuelle entre Stan et son père. On ressent le fait que Stan a mis longtemps a réussir à se construire et à réaliser son rêve de devenir paléontologue.

On a donc dans le style un jeu très bien construit entre passé et présent qui est pour moi le plus grand intérêt du roman. Car, si l’auteur a donc déjà réussi à développer un style très personnel et convaincant, cela reste malheureusement un peu au détriment de l’intrigue.

Une intrigue un peu faible

L’intrigue n’est pourtant pas inintéressante au premier abord et les enjeux soulevés sont même assez intéressants, mais plus le roman avançait et plus je perdais mon intérêt.

Le roman abordait finalement peut-être trop de thèmes différents sans jamais vraiment les exploiter. Il y a évidemment un fort rapport à la nature et surtout au fait que la nature reprendra toujours ses droits. Les thèmes liés au passé du narrateur que j’abordais précédemment. Les relations entre les différents personnages aurait également pu être très intéressantes. Le fait de vivre quotidiennement avec les mêmes personnes dans un tel contexte devient irrémédiablement une source de conflits, mais ce n’était encore une fois pas assez développé en plus d’être plutôt mal amené. Tout est très effleuré, et le fait qu’on soit dans la tête du narrateur nous éloigne des autres personnages, car il n’est concentré que sur son but et ne s’intéresse pas aux autres. Malheureusement cet éloignement ne permet pas de s’attacher aux personnages. On ne les comprend donc pas et on ne comprend pas non plus leurs réactions. Le récit perd donc en réalisme et le lecteur est éloigné du récit.

Le thème de la paléontologie est également un peu décevant. Comme le reste, il est très peu développé et je dirais même que la quête du fossile ne devient qu’un prétexte pour la construction de l’intrigue. On ressent le fait que l’auteur n’est pas un scientifique et qu’il manque de connaissances sur ce domaine, ce qui enlève encore du réalisme au récit.

Finalement, plus le récit avance et plus il devient convenu et la fin, même si elle possède une certaine poésie reste très prévisible.


Conclusion


Cent  millions d’années et un jour est un roman au style très riche et travaillé notamment au niveau de la temporalité. Beaucoup de thèmes sont abordés, mais manquent tous globalement de développement. On reste enfermé dans l’esprit du narrateur qui est très autocentré et on ne parvient pas à s’ouvrir aux autres personnages et à les comprendre. Finalement, le récit manque un peu de réalisme et devient vite prévisible.

avis mitigéMerci à L’iconoclaste pour l’envoi de ce roman !

Une réflexion sur “[Chronique] Cent millions d’années et un jour, de Jean-Baptiste Andrea

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