[Chronique] My absolute darling, de Gabriel Tallent

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« Le sentiment qui la submerge est une surprise immense. Chacun de ses efforts, chacune de ses pensée, est réduit à néant. Elle est détachée de son corps, elle devient vaste, incommensurable, sans limites, tandis qu’autour d’elle, des branches de varech se déploient et s’étirent dans le ciel. »


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My absolute darling
Auteur 
: Gabriel Tallent
Traductrice : Laura Derakinski
Éditeurs : Gallmeister
Genre : Contemporain
Date de parution : 1er mars 2018
Nombre de pages : 454
Prix : 24,40 €
Synopsis
A quatorze ans, Turtle Alveston arpente les bois de la côte nord de la Californie avec un fusil et un pistolet pour seuls compagnons. Elle trouve refuge sur les plages et les îlots rocheux qu’elle parcourt sur des kilomètres. Mais si le monde extérieur s’ouvre à elle dans toute son immensité, son univers familial est étroit et menaçant : Turtle a grandi seule, sous la coupe d’un père charismatique et abusif. Sa vie sociale est confinée au collège, et elle repousse quiconque essaye de percer sa carapace. Jusqu’au jour où elle rencontre Jacob, un lycéen blagueur qu’elle intrigue et fascine à la fois. Poussée par cette amitié naissante, Turtle décide alors d’échapper à son père et plonge dans une aventure sans retour où elle mettra en jeu sa liberté et sa survie.

MON avis

My Absolute Darling est le premier roman de Gabriel Tallent et sûrement l’un des livres les plus marquants publiés ces dernières années.

Pendant une grande partie du roman, j’ai eu des sentiments très partagés sur celui-ci n’arrivant pas à savoir si je l’aimais ou si le détestais. Pourtant je n’ai aucune fois eu l’envie de l’abandonner et même s’il n’y a pas un suspense implacable au cours de ces pages, l’auteur réussit irrémédiablement à retenir notre attention.

Le grand talent dans l’écriture de Gabriel Tallent est le réalisme avec lequel il décrit ses décors et ses personnages. J’ai rarement vu des personnages aussi humains et à la psychologie aussi brillamment décrite que dans ce livre. L’auteur prend également son temps pour décrire les décors et les paysages, ce qui immerge totalement le lecteur dans l’histoire. Et de cet incroyable réalisme ressort un profond sentiment de malaise. On a l’impression de s’introduire dans l’intimité d’une famille, de voir des choses auxquelles on ne devrait pas assister et finalement le fait d’être simplement spectateur de scènes aussi dures renvoie un sentiment de voyeurisme et de culpabilité. Pendant une grande partie de la lecture, on se retrouve donc pris au piège entre la beauté et la puissance de l’écriture et cette sensation désagréable de voyeurisme. 

Il faut dire que Gabriel Tallent ne ménage pas son lecteur et ses personnages et il nous montre dès le premier chapitre toute la dureté de son univers. Mais là où l’auteur a extrêmement bien mené son intrigue, c’est qu’il nous laisse un moment de répit au milieu du roman. On y rencontre de nouveaux personnages qui apportent un souffle de fraîcheur et d’espoir dans cet univers si violent. Ces personnages paraissent si normaux qu’ils permettent de nous accrocher à quelqu’un chose et de pouvoir enfin apprécier cette histoire sans culpabilité. Et puis, lorsqu’on est complètement accroché à l’histoire et qu’on a réussi à s’attacher aux personnages, une nouvelle vague de violence revient détruisant tout sur son passage. J’ai adoré cette dernière partie du roman. On devine assez vite comment toute l’histoire va se terminer, mais il n’y a pas pour autant de déception. Tout se passe exactement comme cela devait se passer et la fin est amené de manière brillante par l’auteur. Gabriel Tallent a réussi à instaurer une tension constante dans son récit qui explose dans les scènes finales et dont personne ne ressort indemne. 

Difficile de parler de ce roman sans évoquer son personnage principal, Turtle, une adolescente comme on en a vu si peu dans les romans. C’est un personnage extrêmement fort et qui pourtant cache énormément de faiblesses. Son complexe d’œdipe et la manière dont elle va commencer à en prendre conscience et à vouloir s’en détacher est incroyablement orchestré et est finalement le thème central de ce récit. C’est un personnage qu’on apprend à connaître petit à petit, auquel on peut difficilement s’attacher, mais qui finit par devenir touchante. Je pense que c’est un personnage très marquant qui restera longtemps en mémoire de toute personne ayant ouvert ce roman. 


Conclusion


Gabriel Tallent réussit à faire passer le lecteur par de nombreuses émotions qu’elles soient positives ou négatives. Le réalisme avec lequel il décrit chaque scène et la psychologie des personnages entraîne à la fois un sentiment de malaise et de voyeurisme et l’envie coupable de continuer la lecture pour savoir où toute cette violence va mener. Finalement l’auteur parvient à installer une atmosphère plus paisible au milieu du récit en introduisant des personnages très attachants, ce qui nous permet de souffler avant le retour de la violence. La fin brillamment amenée est exactement comme elle devait l’être et conclut magnifiquement bien un roman qu’on n’est pas prêt d’oublier.

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4 réflexions sur “[Chronique] My absolute darling, de Gabriel Tallent

  1. OmbreBones 16 octobre 2019 / 10 h 04 min

    Comme toi j’ai eu un gros coup de cœur pour ce roman. Brillant n’est pas un mot assez fort ! Je suis ravie que tu aies apprécié 🙂

    Aimé par 1 personne

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