[Chronique] Les ferailleurs – tome 1 : Le château, d’Edward Carey

Les ferrailleurs
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« La demeure des Ferrayor, notre château, notre palais, était construit, je le voyais maintenant, non pas avec des briques et du mortier, mais avec du froid et de la douleur, ce palais était un édifice de méchanceté, de noires pensées, de souffrances, de cris, de sueur et de crachats. Ce qui collait le papier peint sur nos murs, c’étaient des larmes. Quand notre demeure pleurait, elle pleurait parce que quelqu’un d’autre dans le monde se souvenait de ce que nous lui avions fait. »


 
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Les ferrailleurs – tome 1 : Le château
Auteur 
: Edward Carey
Traducteur : Alice Seelow
Éditeurs : Grasset / Le livre de Poche
Genre : Fantastique
Date de parution : 11 mars 2015
Nombre de pages : 471
Prix : 7,90 €
Synopsis
Au milieu d’un océan de détritus composé de tous les rebuts de Londres se dresse la demeure des Ferrayor. Le Château, assemblage hétéroclite d’objets trouvés et de bouts d’immeubles prélevés à la capitale, abrite cette étrange famille depuis des générations. Selon la tradition, chacun de ses membres, à la naissance, se voit attribuer un objet particulier, dont il devra prendre soin toute sa vie. Clod, notre jeune héros, a ainsi reçu une bonde universelle – et, pour son malheur, un don singulier : il est capable d’entendre parler les objets, qui ne cessent de répéter des noms mystérieux…
Tout commence le jour où la poignée de porte appartenant à Tante Rosamud disparaît ; les murmures des objets se font de plus en plus insistants ; dehors, une terrible tempête menace ; et voici qu’une jeune orpheline se présente à la porte du Château…

MON avis

Les Ferrailleurs est un roman très original et à l’ambiance gothique qui met en scène des personnages vivant dans une immense demeure au milieu d’une décharge. Outre les humains, les objets les plus variés vont donc être des personnages à part entière de ce récit d’autant plus que certains sont capables de parler… Chaque membre de la famille des Ferrayor, seuls personnages autorisés à habiter la maison, se voit remettre à sa naissance à un objet qui deviendra son objet de vie et auquel il ne devrait absolument jamais se séparer. Ces objets sont tous plus incongrus les uns que les autres, on trouve  donc par exemple un sifflet, un robinet, une poignée de porte et je vous en laisse découvrir de meilleurs. 

Le côté loufoque et déjanté est donc ce qui caractérise au mieux cet univers, et l’auteur réussit toujours à ne jamais tomber dans le grotesque, même si on n’en passe pas toujours très loin. Le style d’écriture est également bien travaillé avec des phrases extrêmement longues et très visuelles qui mettent bien en valeur l’ambiance loufoque du récit. Mieux vaut donc accrocher au style d’écriture et à l’ambiance avant de se lancer, car je ne pense pas qu’on puisse apprécier l’intrigue si on bloque sur cet élément. 

Mention spéciale pour l’illustration de couverture et les illustrations au début de chaque chapitre qui représentent les très nombreux membres de la famille Ferrayor et qui ont été réalisés par l’auteur lui-même. Elles illustrent à la perfection le côté glauque de l’intrigue, car derrière l’aspect loufoque, les évènements qui se déroulent dans ce récit sont quand même dramatiques. Les illustrations mettent en avant le côté noir et blanc du récit et l’attitude maussade qui caractérise la majorité des personnages. Lorsque je visualisais les scènes dans ma tête, j’avais vraiment l’impression de voir un vieux film en noir et blanc et cet aspect du roman est donc vraiment très réussi. 

Mieux vaut ne pas en savoir trop sur l’intrigue en démarrant le livre, car découvrir toute l’originalité de l’univers est vraiment la partie la plus plaisante de ce roman. L’intrigue en elle-même reste assez simple et on comprend assez vite où l’auteur veut nous emmener. Je peux simplement vous dire que les chapitres alternent le point de vue entre deux personnages Clod, un adolescent de la famille Ferrayor et Lucy, une orpheline arrivée comme servante dans la demeurre Ferrayor. Si Clod est à l’image des Ferrayor assez maussade et effacée, Lucy apporte un dynamisme et un peu de luminosité au récit. C’est un petit ouragan qui balaye tout sur son passage et n’écoute aucune règle et il est difficile de ne pas s’attacher à elle. Clod est également attachant dans son genre, car il dégage une immense humanité qui fait défaut à beaucoup de personnages de ce livre. Si l’intrigue reste donc un peu simple, les personnages sont donc très sympathiques à suivre et on dévore comme un petit bonbon ce roman avec beaucoup de plaisir.  


Conclusion


Les Ferrailleurs est un roman à l’ambiance loufoque, mais dont les thématiques principales restent très sombres. L’écriture très travaillée et très visuelle de l’auteur, l’ambiance gothique et déjantée et les personnages attachants rendent ce roman très agréable à lire même si l’intrigue reste relativement simple ! 

tb lecture

4 réflexions sur “[Chronique] Les ferailleurs – tome 1 : Le château, d’Edward Carey

  1. Light And Smell 9 novembre 2019 / 8 h 52 min

    Dans ma PAL depuis peu, ton avis me laisse entrevoir un très bon moment de lecture. L’univers a l’air intéressant et je sens que Lucy va me plaire 🙂

    Aimé par 1 personne

    • Sometimes a book 9 novembre 2019 / 11 h 22 min

      Ah oui si tu aimes ce genre d’ambiance, il va sûrement te plaire ! Eh oui Lycy est un personnage vraiment sympathique 🙂

      Aimé par 1 personne

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