[Chronique] Show Stopper, de Hayley Barker

Show Stopper
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« Je ne sais pas pourquoi j’ai tellement envie de retourner au Cirque. Cet endroit me fait l’effet d’une drogue, à laquelle je suis devenu dépendant et qui m’intoxique »


 
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Show Stopper
Autrice 
: Hayley Barker
Traducteur : Laurence Bouvard
Illustrateur : Liam Drane
Éditeur
 : Bayard
Genre : Science-fiction (dystopie)
Date de parution : 20 novembre 2019
Nombre de pages : 536
Prix : 17,90 €
Synopsis
Londres, 2045.
La société est divisé en deux catégories.
Les bâtards sont réduits à l’état d’esclaves, leur vie n’a aucune valeur. Les purs représentent les privilégiés qui ont accès aux soins et aux emplois nobles. Le cirque de l’horreur est leur divertissement préféré. Ils attendent le clou du spectacle: l’accident mortel qui leur provoquera le grand frisson. Ben, fils de ministre, assiste à sa première représentation et tombe sous le charme d’Hoshiko, la funambule star du spectacle. Mais derrière l’éblouissement et le faste de l’arène, il découvre l’horreur. Trouvera-t-il le courage de résister pour mettre fin au carnage?

MON avis

J’ai souvent du mal avec les dystopies young adult, car je trouve que ce genre a du mal à évoluer et on retrouve souvent les mêmes clichés et les mêmes déroulés d’intrigue. Pourtant je me suis laissé avoir par la belle couverture de ce roman et le thème du cirque, pensant que l’autrice proposerait peut-être quelque chose de nouveau, mais ça n’a malheureusement pas été le cas. 

Show Stopper n’innove absolument pas le genre de la dystopie young-adult. J’ai trouvé que ce roman souffrait déjà d’un gros problème de construction d’univers. Malgré les 500 pages, l’univers n’est absolument pas développé et s’en retrouve même bancal. L’autrice a choisi de construire un monde très simple : les riches (nommés les purs) mènent la danse contre les pauvres (les bâtards) qui sont les parias de la société Ils ne sont même plus considérés comme des êtres humains et beaucoup se retrouvent dans les cirques où leur espérance de vie devient plus que limitée. En plus d’être extrêmement simpliste, l’inconvénient de cette construction d’univers est qu’elle est extrêmement manichéenne. De plus, l’autrice ne cherche pas à développer plus les choses pour rendre l’univers un peu plus complexe, on ne sait pas l’historique de cet univers. Comment la société s’est retrouvée à ce point scindée en deux ? Comment la société s’organise réellement ? Il n’y a quasiment aucune explication. En fait en lisant ce livre, j’ai vraiment eu l’impression que l’autrice voulait écrire sur le thème du cirque et que la dystopie étant un genre à la mode, elle a choisi de le prendre comme support de la manière la plus simple possible, c’est-à-dire en reprenant tous les codes du genre et en construisant un monde le plus simple possible.

La plume ne rattrape malheureusement pas les choses puisque je l’ai trouvée beaucoup trop simple. J’ai même trouvé le roman assez mal écrit parfois (cela étant peut-être un problème de traduction). Le principal problème que j’ai eu avec la manière dont le livre était écrit est que tous les sentiments des personnages sont explicités de manière très directe. L’autrice ne laisse jamais le lecteur comprendre les choses par lui-même et s’immerger dans l’univers. Tout est dit, il n’y aucun sous-entendu. Lorsque l’ami d’un personnage meurt on se doute que ce personnage va être triste/en colère. Pour moi ce sont des choses qu’on doit faire ressentir dans son texte et pas seulement mettre une phrase pour dire « le personnage était triste ». Je suis d’accord que la cible du roman sont les adolescents, mais je pense que les ados sont tout à fait à même de comprendre les choses sans qu’on leur explique tout. Cette manière dont est écrit le livre m’a également donné l’impression que tout était survolé. Les personnages se retrouvent très peu développés et cette écriture froide et distante ne permet pas de ressentir d’émotions malgré les horreurs qui leur arrivent. 

J’ai trouvé le thème du cirque quand même assez bien exploité. Les gens qui lisent ce roman pour ce thème seront servis. Encore une fois ce sont surtout les clichés autour du monde du cirque qui sont montrés, mais ça fonctionne. Le premier chapitre du roman est assez glaçant et c’est intéressant de voir la différence entre ce qu’il se passe sur scène et la réalité même si tout est assez convenu. On sent quand même que le thème du cirque est vraiment ce qui intéressait l’autrice au départ et c’est dommage de l’avoir gâché au milieu d’une intrigue dystopique si manichéenne. Les méchants de l’histoire n’ont absolument aucune raison d’être aussi cruels et on tombe même rapidement dans l’excès. Le personnage principal, Ben, quant à lui se met soudain à remettre toute la société en question. Pourtant fils de militants extrêmes pour l’éradication des bâtards, il se retrouve à vouloir les sauver alors qu’il a dû être endoctriné depuis sa naissance. Pourquoi tout d’un coup change-t-il d’avis d’autant plus que son propre frère jumeau qui a été élevé comme lui a une opinion très différente ? Le roman ne répond bien sûr pas à cette énorme facilité. Et finalement c’est un peu ce que je retiendrai de l’intrigue de ce roman, un enchaînement d’action toutes plus invraisemblables les unes que les autres. 

Malheureusement, j’ai beaucoup de points négatifs à soulever sur ce roman et j’ai très peu de choses positives à dire. J’ai même trouvé certains aspects assez problématiques, chose que je n’ai pas abordée dans la chronique pour ne pas l’accabler plus. Tout de même, je pense que ce roman plaira à ceux qui aiment les dystopies young adult puisqu’il respecte tous les codes du genre. Pour les personnes qui en ont marre de lire toujours la même chose et qui cherche de l’innovation dans le genre, je ne pense pas que ce roman leur conviendra.


Conclusion


J’avais espoir que ce roman innove le genre de la dystopie young adult et ça n’a malheureusement pas été le cas. En plus de personnages très caricaturaux et manichéens, l’univers est trop simple et devient donc rapidement assez bancal. Le thème du cirque est bien traité, mais l’intrigue manque de rythme et semble être surtout un enchaînement d’actions incohérentes. À lire si vous aimez le thème du cirque et que les clichés du genre ne vous dérangent pas sinon je ne pense pas que ce roman soit fait pour vous. 

je n'ai pas aimé

 

 

9 réflexions sur “[Chronique] Show Stopper, de Hayley Barker

  1. Light And Smell 27 novembre 2019 / 9 h 07 min

    Ton avis rejoint le sentiment de déception qui semble entourer ce roman … Je ne l’achèterai pas mais le feuilletterai à l’occasion si je le croise en médiathèque.

    Aimé par 1 personne

    • Sometimes a book 28 novembre 2019 / 22 h 22 min

      Effectivement j’ai vu plusieurs autres avis mitigés. En même temps ça me rassure de ne pas être la seule à être passée à côté :/

      J'aime

  2. OmbreBones 27 novembre 2019 / 21 h 51 min

    Eh bah… Définitivement pas pour moi 🤣 comme quoi il ne faut pas juger un livre à sa couverture.

    Aimé par 1 personne

  3. plumesdelune 13 décembre 2019 / 11 h 01 min

    A mince, direct ta chronique commence bien ! J’en ai trop marre des mêmes schémas narratifs pour les dystopies, ça me souuuuuule XD
    Un autre truc que je supporte pas, c’est le fait qu’on prenne le lecteur pour une prune en laissant rien paraître entre les lignes. Rah bah dis donc, je pense que c’est pas trop pour moi non plus ce bouquin ^^
    Kin

    Aimé par 1 personne

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