[Chronique] Je suis fille de rage, de Jean-Laurent Del Socorro #PLIB2020

Je suis fille de rage
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« Les hommes ont toujours le verbe long, mais la mémoire courte quand ils réalisent, trop tard, le prix des âmes dont ils ont coupés les fils avec leurs propres mots. »


 
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Je suis fille de rage
Auteur : Jean-Laurent Del Socorro
Illustration :
Éditeurs : ActuSF
Genre : Historique / Fantastique
Date de parution originale : 12 octobre 2019
Nombre de pages : 519
Prix : 23,90 €
 #ISBN9782366294774
Synopsis
1861 : la guerre de Sécession vient de commencer. Du général Grant à la simple soldate, de la forceuse de blocus à l’esclave affranchie… Autant de personnages pour décrire tous les visages de cette Amérique ensanglantée pendant quatre années de conflit.
La mort se réincarne pour arpenter ce Nord et ce Sud qui se déchirent. Elle va faire face à celui qui la convoque, le président Abraham Lincoln, pour lui faire comprendre que cette guerre doit désormais épouser une cause plus grande : celle de l’abolition de l’esclavage.

MON avis

Je suis fille de rage est le troisième roman de Jean-Laurent Del Socorro qui exploite comme à son habitude une période historique en y ajoutant quelques éléments de fantastique. Cette fois-ci l’auteur nous offre une grande fresque qui s’étend sur toute la période de la Guerre de Sécession de 1861 à 1865. En plus de sa narration particulière sur laquelle je reviendrai par la suite, ce roman met en scène la Mort de manière personnifiée dont l’ombre plane au-dessus des évènements observant la folie des Hommes. 

Je suis fille de rage est un roman choral décomposé en cinq grandes parties correspondant aux cinq années du conflit. Chaque partie est décomposée de chapitres extrêmement courts qui mettent en avant un personnage qu’il soit issu des États confédérés ou des États de l’Union. On retrouve ainsi des personnages comme L’officier qui lutte contre la folie, La fille qui n’a plus de père ou encore L’Européen qui observe de loin. Le roman est en plus très didactique. Inutile d’être un expert de la Guerre de Sécession pour le découvrir, bien au contraire. Cette très belle édition débute par une carte sur laquelle le positionnement des différents États américains vis-à-vis du conflit et les lieux des batailles sont très clairement identifiés. De plus chaque chapitre commence par un en-tête indiquant clairement le camp du personnage que l’on va suivre grâce à un drapeau ainsi que la date et le lieu où l’action se déroule. Même s’il y a un grand nombre de personnages et que toutes ces informations demandent une petite gymnastique intellectuelle, j’ai trouvé ce système très judicieux et il aide vraiment à se repérer et à mieux comprendre les enjeux de cette guerre. 

D’un point de vue de la narration, le roman alterne passages romancés et traductions de documents historiques (lettres, titres de journaux…). On retrouve ainsi des figures historiques qui ont vraiment pris part à cette guerre ainsi que des personnages fictifs mettant en avant ceux qu’on montre en général le moins et qui sont pourtant les principaux acteurs de la guerre. Les femmes notamment ne restent pas en arrière dans ce roman et prennent les armes parfois en allant à l’encontre de leur nation d’origine, ce qui est hyper rafraîchissant. Globalement Jean-Laurent del Socorro a fait un travail époustouflant dans ses recherches historiques et dans la construction de son intrigue. Bien qu’il n’y ait pas une vraie trame narrative continue et que plein d’éléments changent d’un chapitre sur l’autre (camp, personnages, localisations, type de document…), tous les enjeux du conflit sont exposés très clairement et il est aisé de suivre le cours des évènements. J’ai trouvé les titres de journaux hyper percutants tant il montre la vision différente que peuvent avoir deux camps opposés sur un même évènement. 

Il ne faut donc pas avoir peur de la taille du roman, car il est extrêmement dynamique et percutant et se lit donc extrêmement rapidement. De plus, malgré la thématique de la guerre, le récit ne tombe jamais dans le pathos. L’auteur montre les évènements tels qu’ils sont, mais il s’attarde plus sur l’espoir des vivants que sur les morts. On ressent surtout le poids de ces derniers à travers le personnage de la Mort et donc avec un aspect plus cynique que véritablement triste. Si (comme moi) les récits de guerre ne sont donc pas ce que vous appréciez le plus, vous pourriez donc être très agréablement surpris par Je suis fille de rage ! Bref, lire un roman aussi percutant et intéressant tout en apprenant plein de choses, je dis banco !


Conclusion


Jean-Laurent Del Socorro nous offre avec Je suis fille de rage un roman historique très bien documenté qui devrait ravir autant les connaisseurs de la guerre de Sécession que ceux qui veulent en apprendre plus sur cette période. L’auteur a fait un gros travail autant sur la forme que sur le fond du roman pour nous offrir un récit didactique autant touchant que percutant. Il met en avant des voix venant de toutes horizons même les moins représentées habituellement dans un récit alliant avec beaucoup d’harmonie documents historiques et récifs fictifs. Il n’oublie pas non plus sa touche de fantastique personnelle à travers le personnage de la Mort qui nous rappelle avec beaucoup de cynisme la réalité de la guerre. 

tb lecture

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