[Chronique] La Piste des Cendres, d’Emmanuel Chastellière

La piste des cendres
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« Un ultime roulement de tonnerre remonta le sentier avec elle, ses échos prêts à lui mordre les talons. Quelque chose, la jeune femme en était persuadée, que personne au village n’avait jamais vu. Quelque chose bien pire que les fées. »


 
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La Piste des Cendres
Auteur
: Emmanuel Chastellière
Illustration : Xavier Colette
Éditeur : Critic
Genre : Fantasy
Date de parution originale : 20 février 2020
Nombre de pages : 617
Prix : 24 €
Synopsis

MON avis

Je tiens tout d’abord à remercier chaleureusement les éditions Critic et l’auteur pour l’envoi de ce service presse. 

La piste des cendres est un roman qui se déroule dans le même univers que le précédent roman de l’auteur : L’empire du léopard. Ce n’est pas une suite, mais un roman compagnon au premier, se déroulant 25 ans plus tard et pouvant être lu totalement indépendamment. Cependant, je vous conseille vivement de lire L’empire du léopard (avant ou après celui-ci), tout simplement car il en vaut vraiment la peine !

Dans La piste des cendres, Emmanuel Chastellière nous emmène dans un univers aux influences western à la découverte des grands espaces qui compose le Nouveau-Coronado. Si L’Empire du léopard se concentrait plus sur la découverte de ce nouveau monde par les colons, ici c’est l’influence qu’a eu cette politique coloniale qui est dépeinte. Il faut dire que la colonisation a créé un environnement très instable entraînant des conflits entre le Nord et le Sud et une grande précarité pour la population indigène réduite en esclavage. Ce contexte permet d’aborder de nombreux thèmes très intéressants notamment liés à la notion de libre-arbitre et de montrer l’influence de la colonisation sur chaque pan de la société. Ainsi la grande force de ce roman est qu’il est loin d’être manichéen et qu’il dépeint autant le sort des colons que des indigènes. 

Le récit alterne les points de vue de deux personnages principaux : Artémis Cortellan et Azel Alborán. Avec le premier, on se retrouve au cœur d’intrigues politiques tandis que le deuxième nous entraîne dans une quête initiatique plus intimiste. Deux ambiances et deux saveurs différentes donc mais qui ne manquent toutes deux pas de leurs moments épiques. Je dois avouer que l’intrigue autour d’Azel m’a plus convaincue, car j’ai trouvé ce personnage particulièrement intéressant dans sa construction. Azel, possède un métissage puisqu’il est le fils d’un riche propriétaire terrien et d’une indigène, ce qui fait qu’il a du mal à trouver sa place dans cette société. C’est un personnage qui porte en quelque sorte le poids de la colonisation sur ses épaules et, même s’il essaye de fuir ses démons dans une quête de vengeance, il finit par se faire rattraper par la réalité. Un côté mystique très appréciable plane également autour de ce personnage et son aventure amène son lot de rebondissements dont un auquel je ne m’attendais pas du tout et qui donne une nouvelle perspective au roman. Des personnages secondaires gravitent également autour des deux hommes, notamment des personnages féminins forts comme on les apprécie. Globalement le roman offre une belle panoplie de personnages, variés, bien construits et pas trop nombreux de manière à ce qu’ils aient tous une place importante à jouer dans l’intrigue. 

Si L’empire du léopard montait lentement en puissance tout au long du récit, ici le ton très sombre est donné dès les premières pages. Les premiers rebondissements arrivent très rapidement installant une tension dans l’atmosphère qui ne fera que s’étendre au fil des pages. Emmanuel Chastellière a créé comme à son habitude un univers très soigné et manie très habilement la narration pour réussir à nous surprendre. J’ai personnellement un peu regretté l’absence de magie, cet aspect m’ayant particulièrement captivé dans L’empire du léopard. C’est peut-être la raison pour laquelle, je n’ai pas réussi à être complètement immergée dans cette histoire et que j’ai ressenti une certaine distance avec les évènements qui s’y déroulaient. Cependant, l’auteur nous offre ici une fantasy très abordable tout en restant originale et qui possède tous les éléments pour plaire au plus grand nombre. 


Conclusion


La Piste des cendres est un roman qui mêle fantasy et western. Entre intrigues politiques et quête initiatique plus intimiste, l’auteur nous emmène sur les routes du Nouveau-Coronado dans un roman sombre et épique. Ce roman se démarque par la construction des personnages et de l’intrigue très réussie. Loin d’être manichéens, les thèmes et les questions soulevés liées aux conséquences du colonialisme sont très bien abordés. Si je garde tout de même une petite préférence pour L’Empire du Léopard dans lequel je m’étais plus immergée dans l’histoire, j’ai donc passé un bon moment avec La piste des cendres.  

bonne lecture

 

7 réflexions sur “[Chronique] La Piste des Cendres, d’Emmanuel Chastellière

  1. Emmanuel 26 février 2020 / 12 h 25 min

    Merci pour ce retour !
    Pour la magie, j’assume à 100%, c’était ma volonté. 🙂
    J’avoue que je suis assez « gavé » de la fantasy épique pure et dure, on va dire !

    Aimé par 1 personne

    • Sometimes a book 26 février 2020 / 17 h 55 min

      Oui je me doute bien que c’était voulu et je comprends tout à fait la raison ! 🙂

      J'aime

  2. Zina 11 mars 2020 / 11 h 17 min

    J’ai adoré pour ma part, et c’est le contraire, je me suis sentie plus impliquée dans celui-ci 🙂

    Aimé par 1 personne

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