[Chronique] Les Ferrailleurs – tome 2 : Le Faubourg, d’Edward Carey

Les ferrailleurs tome 2
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« Les hommes dans les guerres perdent leur âme, elle est foulée aux pieds, je l’ai vu, il n’y a plus d’individus, rien qu’une masse, une grande masse qui court à son anéantissement. »


 
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Les Ferrailleurs – tome 2 : Le Faubourg
Auteur et illustrateur
: Edward Carey
Traduction : Alice Seelow
Éditeurs : Grasset / Le Livre de Poche
Genre : Fantastique
Date de parution originale : 13 avril 2016
Nombre de pages : 402
Prix : 20,90€ / 7,90 € (poche)
Synopsis
Rien ne va plus depuis que le Château de l’extravagante famille Ferrayor a croulé sous l’assaut des objets rendus à la vie. Le jeune Clod, ayant perdu forme humaine, erre de ruelles en échoppes dans une ville ravagée par la crasse et la pauvreté ; sa complice Lucy Pennant, elle, est ensevelie sous les décombres du manoir, où elle fait la rencontre d’une créature aussi monstrueuse qu’attachante. Pourchassés, nos deux héros vont devoir se réunir pour déjouer les plans de Grand-Père Umbitt, qui règne en tyran sur le peuple asservi du Faubourg.

MON avis

Le Faubourg est le deuxième tome de la trilogie young adult Les Ferrailleurs d’Edward Carey. J’avais passé un excellent moment avec le premier tome qui se démarquait grâce à un aspect sombre et loufoque très réussi. Si ce deuxième tome nous fait passer un moment sympathique, il reste en-dessous du premier s’articulant plutôt comme un tome de transition dans la saga. 

Ce deuxième tome nous emmène à l’extérieur du château de la famille Ferrayor à la découverte de la ville de Fetidborough, un endroit sale, poussiéreux, glauque à souhait et oppressant. On retrouve Clod et Lucy que l’on avait laissé en bien mauvaise posture à la fin du premier tome, les chapitres alternant toujours leur point de vue.

J’ai beaucoup aimé la première partie du récit. L’ambiance de la ville est très bien retranscrite et on retrouve bien là l’humour loufoque propre à cette saga. On découvre une ville sans âme et pleine d’immondices. Tout est extrêmement stricte, contrôlé, sans aucune cohésion entre les habitants. La peur de la maladie qui entraîne la transformation des gens en objets plane comme une brume poisseuse autour de la cité. Ce tome nous offre ainsi une nouvelle dimension avec la découverte de ce qu’il y a en dehors de l’ambiance intimiste du château. J’ai quand même eu du mal à faire le lien entre les deux tomes. Je ne sais pas si mes souvenirs du premier tome n’étaient pas assez bons, mais j’ai eu du mal à comprendre la situation de Clod au début de ce deuxième tome. Néanmoins, l’intrigue ne nous laisse pas le temps de nous poser des questions tant elle est dynamique. L’action est au cœur de ce deuxième tome dans lequel le sentiment d’insécurité domine et le tout part peut-être un peu trop dans tous les sens. J’ai ressenti un sentiment de fouillis et un manque d’explications qui entraîne des incohérences. Peut-être que les explications arriveront dans le dernier tome, mais je ne suis pour l’instant pas forcément convaincue sur certains aspects fantastiques du récit qui me semblent un peu en décalage avec ce qu’on apprenait dans le premier tome. Les véritables enjeux se dévoilent dans ce deuxième tome, mais ils n’amènent pas pour autant un début de résolution, ce qui en fait finalement surtout un tome de transition.   

Ce tome se démarque une nouvelle fois par son inventivité et par ses personnages très attachants. C’est très agréable de retrouver Clod et Lucy deux personnages à la personnalité bien trempée. Les personnages apparaissent ici comme plus matures. Clod n’étant jamais sorti du château apprend la vie en communauté et laisse sa véritable personnalité se dévoiler. C’est un personnage très touchant, qui veut réellement changer les choses sans savoir comment s’y prendre. Lucy est peut-être un peu plus effacée dans ce tome au profit d’un nouveau personnage, Benordur, particulièrement intéressant. Voilà encore un personnage très réussi dans sa construction. Sa profonde solitude et son incapacité à comprendre le monde qui l’entoure le rend également touchant et j’ai hâte de voir comment il va évoluer dans le prochain tome. 

Ce tome prend également des airs d’uchronies introduisant par exemple le grand incendie de Londres.  Même si cet aspect reste très secondaire dans l’intrigue, cela lui ajoute un charme sombre et permet d’une certaine manière d’ancrer ce récit particulièrement fantasque dans notre réalité. Finalement, même si l’intrigue principale du récit n’avance pas énormément dans ce deuxième tome, son ambiance poisseuse, sa douce folie et ses personnages touchants en font une lecture très plaisante. 


Conclusion


Le deuxième tome de la trilogie des Ferrailleurs nous emmène à l’extérieur du château, dans les faubourgs où règne une atmosphère sale et oppressante. Dans la continuité du premier tome, l’auteur confirme son talent pour créer des ambiances particulières et des personnages touchants qui font vraiment l’originalité de cette trilogie. Ce deuxième tome est rempli d’action et part peut-être un peu trop dans tous les sens entraînant certaines incohérences. De plus, mêmes si les véritables enjeux sont dévoilés, ce deuxième tome se construit surtout comme un tome de transition ne faisant pas réellement avancer l’intrigue. 

bonne lecture

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