[Chronique] L’archipel des Numinées – tome 2 : Cytheriae, de Charlotte Bousquet

Cytheriae
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« Je ne suis née qu’une fois Malatesta. Et je n’en garde aucun souvenir. Je me rappelle de ma mort, en revanche. Jusque dans les moindres détails. Même ceux que je ne puis exprimer. Même ceux qui devraient demeurer enfuis, mais s’échappent. »


 
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L’archipel des Numinées – tome 2 : Cytheriae
Autrice :
Charlotte Bousquet
Illustratrice
: Mélanie Delon
Éditeurs : Mnémos
Genre : Fantasy
Date de parution originale : 25 mai 2010
Nombre de pages : 317
Prix : 9,90 €
Synopsis

La splendeur de Cribella, capitale lagunaire de Cytheriae, n’est plus qu’un lointain souvenir rongé par l’humidité et la décrépitude. Certains prétendent même que d’effroyables créatures hantent ses canaux nauséabonds… Et voilà qu’aujourd’hui une vague de suicides inexpliqués endeuille le quartier populaire de Métida. Nola, écrivain public, et son amant, Angelo di Larini, sorcier réprouvé de l’Ordre de la Nouvelle Lune, entendent découvrir et combattre les forces à l’œuvre. Leur dernière piste les mène à Malatesta, démon né d’amours contre-nature prisonnier du Dédale. Sera-t-il un allié… ou leur plus implacable ennemi ?

MON avis

Cytheriae est le deuxième tome de la trilogie l’Archipel des Numinées et, même s’il s’agit d’une suite, il peut se lire indépendamment du premier tome. On part en effet à la découverte d’une nouvelle cité et de nouveaux personnages. Comme dans le premier tome, cette dark fantasy se construit autour d’une enquête policière visant à élucider une série de meurtres, ressemblant au premier abord à des suicides. Seulement, on retrouve à proximité de chaque victime une carte de tarot faisant plus ressembler ces actes à un rituel macabre associé à de la nécromancie qu’à un simple suicide. 

Comme d’habitude, j’ai été charmée par l’écriture de Charlotte Bousquet. L’autrice mélange parfaitement une ambiance sombre et torturée à une plume poétique. Elle met ici en avant des artistes dont beaucoup ont un lien avec l’écriture. Le personnage principal, Nola, est ainsi écrivain public. Le roman se construit ainsi autour de petites scènes de vie agrémentées de textes plus intimes (poèmes, scènes de théâtre, morceaux de journal intime…). Cette narration particulière donne pas mal de rythme au récit, j’ai eu l’impression que ce deuxième tome était d’ailleurs plus fluide que le premier. Il faut quand même un temps d’adaptation puisque ce type de narration ne permet pas de présenter les personnages et il faut donc un temps pour les appréhender, d’autant plus qu’ils sont assez nombreux. 

Comme je le disais, ce tome nous emmène dans une nouvelle ville, Cribella, cité qui ressemble toujours à une Venise de la Renaissance. Dès les premières lignes, l’autrice met en place une atmosphère désespérée à travers la description de cette ville, de ses ruelles sombres et de la mystérieuse créature qui hante une certaine zone de la ville. Les personnages sont tous particulièrement torturés, la situation géopolitique est tendue du fait des évènements survenus dans le premier tome et une angoisse constante plane dans les murs de la cité. Les mystérieux suicides finissent de construire l’atmosphère désespérée de la ville, d’autant qu’ils sont particulièrement nombreux et introduits avec beaucoup de finesse et d’intelligence. Finalement, peu de pages de ce livre ne comportent pas de nouveaux morts, c’est dire de l’ambiance que vous allez trouver dans ces pages ! Cependant, dans les thèmes abordés, j’ai trouvé ce deuxième tome moins dur que le premier. L’autrice joue ici plutôt avec la psychologie et les scènes ne sont pas particulièrement glauques. L‘effet n’en ai pas moins marquant et l’ambiance et la narration en ressortent même particulièrement réussies.

Comme d’habitude avec cette autrice, ce roman fait la part belle aux personnages féminins. Mais, si les personnages féminins sont ici forts, indépendants et bien construits, j’ai regretté le traitement fait pour les figures masculines. Les hommes dans ce récit sont tous faibles et ne vivent qu’à travers les figures féminines. Le seul personnage masculin qui se démarque un peu est rejeté par tous les autres et n’est pas extrêmement développé. De manière général, les femmes sont solaires et brillent par leurs qualités quand les hommes semblent avoir surtout des défauts. Ce manque de nuances m’a dérangée, d’autant plus que les relations hommes-femmes sont construites de manière trop caricaturale. L’amour est au centre de tout dans ce roman et semble être le seul modèle possible. Je n’ai pas aimé cette idéalisation des relations amoureuses qui les montrent comme l’unique but à atteindre et qui ne correspond pas à ma vision personnelle des choses. 

Mis à part le traitement des personnages et des relations amoureuses, j’ai globalement bien aimé ce roman grâce à sa narration originale et son atmosphère torturée. J’aime beaucoup le fait de suivre une série de meurtres dans un univers de SFFF aussi esthétique. Cependant, la fin reste un peu rapide et ne répond pas à toutes les questions posées. La fin est ici plus ouverte que dans le premier tome laissant penser que le troisième tome sera une suite directe non indépendante qui répondra aux questions laissées en suspens et dans lequel on retrouvera certains personnages des tomes précédents. 


Conclusion


Une suite indépendante dans la continuité du premier tome, peut-être un peu moins sombre, mais dont l’atmosphère désespérée et l’esthétique de l’univers sont très bien retranscrits. Comme à son habitude Charlotte Bousquet construit de magnifiques personnages féminins forts et indépendants. Cependant, je n’ai pas aimé le traitement des personnages masculins ni l’idéalisation des relations amoureuses. L’enquête policière à l’intérieur de l’intrigue est prenante, mais est résolue un peu rapidement sans que tous les éléments de réponses ne soient pour autant donnés.  

bonne lecture

4 réflexions sur “[Chronique] L’archipel des Numinées – tome 2 : Cytheriae, de Charlotte Bousquet

  1. OmbreBones 28 mars 2020 / 21 h 03 min

    Sérieux je déteste aussi quand on montre l’amour et la vie de couple comme idéal absolu d’une vie réussie –‘ comme toi je ne m’y reconnais pas du tout. Il faudrait que je lise ces romans un jour j’ai l’intégrale numérique depuis une éternité dans ma pal..

    Aimé par 1 personne

    • Sometimes a book 29 mars 2020 / 13 h 53 min

      Oui c’est particulièrement exaspérant dans ce roman, c’est vraiment dommage parce que sans ça aurait vraiment pu être un excellente lecture. En tout cas, j’espère que ça te plaira si tu tentes, j’avais vraiment bien aimé le premier tome !

      Aimé par 1 personne

  2. Baroona 29 mars 2020 / 12 h 26 min

    Je ne connaissais que de nom, en l’ayant déjà croisé. Maintenant je sais que je vais m’en passer, ça fait vraiment beaucoup trop d’éléments « négatifs », je te remercie de m’avoir évité une éventuelle déconvenue. ^^

    Aimé par 1 personne

    • Sometimes a book 29 mars 2020 / 13 h 55 min

      Effectivement si les éléments que j’ai cités te rebutent trop, il vaut mieux ne pas tenter :/

      J'aime

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