[Chronique] Déracinée, de Naomi Novik

Déracinée
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« La maison me manquait cruellement, comme si j’avais un grand vide en moi. Elle me manquait depuis que nous avions quitté la vallée pour traverser les montagnes. Des racines… oui. Il y avait des racines plantées dans mon cœur, aussi profondes que pouvait l’être la contamination. »


 
déracinée
Déracinée
Autrice :
Naomi Novik
Traducteur : Benjamin Kuntzer
Éditeurs : Pygmalion / J’ai Lu
Genre : Fantasy
Date de parution : 11 janvier 2017
Nombre de pages : 508
Prix : 19,90€ / 8,50 €
Synopsis

Patiente et intrépide, Agnieszka parvient toujours à glaner dans la forêt les baies les plus recherchées, mais chacun à Dvernik sait qu’il est impossible de rivaliser avec Kasia. Intelligente et pleine de grâce, son amie brille d’un éclat sans pareil. Malheureusement, la perfection peut servir de monnaie d’échange dans cette vallée menacée par la corruption. Car si les villageois demeurent dans la région, c’est uniquement grâce aux pouvoirs du « Dragon ». Jour après jour, ce sorcier protège la vallée des assauts du Bois, lieu sombre où rôdent créatures maléfiques et forces malfaisantes. En échange, tous les dix ans, le magicien choisit une jeune femme de dix-sept ans qui l’accompagne dans sa tour pour le servir. L’heure de la sélection approche et tout le monde s’est préparé au départ de la perle rare. Pourtant, quand le Dragon leur rend visite, rien ne se passe comme prévu…

MON avis

J’avais entendu autant d’avis positifs que négatifs sur ce roman et j’ai donc longuement hésité avant de me lancer. Finalement j’ai été agréablement surprise par ce roman. J’y ai repéré pas mal de petits défauts sur lesquels je vais revenir, mais même s’ils peuvent sembler nombreux, la qualité du roman prend l’ascendant sur eux. 

Un récit enchanteur

Tout d’abord, je dois dire que j’ai été vraiment surprise par l’intrigue autant par son atmosphère que par le déroulé du récit. Je ne m’attendais pas en ouvrant ces pages à découvrir un univers aussi doux et enchanteur. Je ne sais pas pourquoi, je m’attendais à un ton beaucoup plus sombre, mais finalement ce roman reprend les codes du conte en nous offrant un univers fouillé. 

Il ne faut pas pour autant penser que tout est rose dans ce récit, loin de là puisque les évènements qui s’y déroulent son même plutôt dramatiques et que le roman compte son lot de morts ! Mais l’écriture reste toujours légère et dynamique, l’héroïne Agnieszka a une personnalité assez atypique et beaucoup d’humour se dégage ce personnage un peu naïf et maladroit. Agnieszka va tomber dans un monde auquel elle n’est absolument pas préparée et elle va avoir beaucoup de mal à se faire aux codes de son nouvel univers. L’héroïne va en effet être choisie par « Le dragon », un puissant sorcier pour vivre avec lui dans sa tour pendant 10 ans. Que se passe-t-il dans cette fameuse tour ? Personne ne le sait et c’est bien ce que le lecteur va découvrir. Mais, si on s’attend dans un premier abord à un récit sous forme de huis-clos, c’est une erreur car, bien vite, les évènements vont nous emmener à l’extérieur de la tour, découvrir le Royaume où se déroule l’histoire. L’autrice nous montre ainsi l’étendue de son univers qu’elle exploite parfaitement bien. 

Ainsi le récit est hyper dynamique et se renouvelle très rapidement. L’intrigue nous offre de multiples facettes et quand on pense aller vers une résolution, elle repart de plus belle avec de nouveaux rebondissements. J’ai aimé voir l’évolution de la relation entre Agnieszka et le Dragon, même si elle est parfois un peu caricaturale. Ce sont des personnages charismatiques qui sont très agréables à suivre. Difficile donc de s’ennuyer au cours de ce récit, même si j’ai trouvé que la fin tirait un peu en longueur. Je dois dire que je n’ai pas forcément été hyper convaincue par le dénouement de l’histoire même si c’est objectivement une bonne fin, mais la résolution de l’intrigue et le message final déliré restent un peu confus à mon sens. 

La personnification de la nature

L’aspect particulièrement intéressant du roman est la figure de l’antagoniste qui n’est pas représenté par un personnage humain, mais par une forêt maléfique. Ainsi les personnages se battent contre une figure bien plus puissante et dangereuse qu’eux et qui semblent toujours avoir une longueur d’avance, ce qui permet de renouveler parfaitement bien le récit et qui était particulièrement intéressant.

La nature a donc une place très importante dans ce roman puisqu’elle y est même personnifiée à travers différents procédés. La forêt semble avoir une âme propre et elle peut également posséder les humains en les soumettant à sa volonté. L’autrice maîtrise parfaitement bien ses descriptions de la nature et les passages dans lesquels les personnages s’enfoncent dans la forêt sont particulièrement prenants et réussis. Naomi Novik réussit parfaitement à retranscrire le danger que représente le moindre arbre de cette forêt et l’atmosphère glauque qui s’en dégage. Les effets de la possession de la forêt sur les humains sont aussi particulièrement inventifs et surprenants. Finalement, cette grande figure maléfique est vraiment la grande force de ce récit puisqu’elle est originale et beaucoup plus percutante que si l’ennemi était simplement humain.    

Un système de magie pas forcément convainquant

! Attention pour cette partie, je vais être obligée de spoiler quelques éléments de l’intrigue !

Si la plume de l’autrice, l’atmosphère et la présence forte de la nature contribue à rendre ce récit enchanteur, le système de magie est aussi un élément important. Car la magie est également partout dans cette histoire et si j’ai aimé sa présence et la manière dont elle est invoquée, elle amène aussi les petits défauts de l’histoire, car elle manque de cohérence. 

L’héroïne Agnieszka va découvrir la magie auprès du Dragon, l’un des plus grands sorciers du Royaume, et elle va se révéler n’être pas forcément très douée. Pourtant tout au long de l’histoire elle va réussir des choses que personne n’avait réussi avant elle. On a parfois l’impression que tous les plus grands sorciers du Royaume sont complètement incompétents par rapport à elle. Certes, elle dispose peut-être d’un peu plus d’imagination, mais j’ai trouvé des facilités scénaristiques dans son utilisation de la magie. Elle réussit parfois des sorts qui sont normalement impossibles sans que l’autrice réussisse à bien justifier comment elle a fait. Elle semble également tout connaître, pioche un livre et tombe directement sur le sort dont elle a besoin. J’ai donc regretté cette inégalité des forces dans l’utilisation de la magie et le fait qu’Agnieszka semble être une sorcière surpuissante alors qu’elle ne maîtrise aucun sort de base. 

En plus de tout connaître l’héroïne ne semble n’avoir jamais besoin de repos. Pourtant elle s’effondre très souvent après avoir lancé un sort, mais 10 lignes plus loin elle peut relancer des sorts sans problème. Quand un personnage lui prescrit au moins 10 jours de repos pour pouvoir relancer un sort, une seule nuit de sommeil semble lui suffire. Bref ce sont des éléments qui font office de détails et qui ne sont en réalité pas très importants vis-à-vis de l’histoire, mais ça explique pourquoi je n’ai pas eu un coup de cœur pour ce roman.

Dernier élément que j’ai trouvé assez mal géré dans l’histoire est sa temporalité. J’ai eu le sentiment que l’autrice avait du mal à situer son récit dans le temps et il se déroule parfois plusieurs mois sans qu’on le sache. 

Il semble donc y avoir pas mal d’éléments que j’ai regretté dans cette intrigue, mais en réalité j’en suis ressortie avec une impression très positive. Les défauts que j’ai évoqués sont restés secondaires pour moi et j’ai été complètement envoûtée par cet univers et cette intrigue bourrée de rebondissements !


Conclusion


Déracinée nous emmène dans un récit digne d’un conte où magie, humour et descriptions de la nature donnent un univers doux et enchanteur. Mais l’autrice n’oublie pas non plus d’étoffer son univers et le récit nous emmène découvrir ce royaume mis à mal par une forêt maléfique. Cet antagoniste original et hyper bien décrit donne une dimension hyper intéressante au récit puisque les personnages doivent combattre une figure surpuissante dont les réactions sont impossibles à appréhender. J’ai quand même regretté le système de magie sources de plusieurs incohérences et la fin un peu confuse, mais j’ai adoré l’intrigue générale de ce roman et ses personnages charismatiques.

tb lecture

10 réflexions sur “[Chronique] Déracinée, de Naomi Novik

  1. plumesdelune 15 avril 2020 / 10 h 01 min

    Je suis d’accord sur la fin qui est à mon sens un peu brouillonne mais sinon j’ai aussi adoré cette lecture !
    Kin

    Aimé par 1 personne

  2. Baroona 15 avril 2020 / 13 h 43 min

    Globalement d’accord, des petits défauts et une dernière partie qui traîne en longueur, mais ça reste une bonne lecture avec une vraie ambiance.
    Quant à la magie, je crois que je me suis dit que ça allait avec la partie conte et que l’héroïne était surdouée, point. Mais c’est vrai que présenté ainsi… ^^

    Aimé par 1 personne

    • Sometimes a book 17 avril 2020 / 10 h 06 min

      Oui je suis d’accord, l’ambiance est vraiment bien maîtrisée et très immersive !
      Pour la magie ça reste des petites facilités, je comprends qu’on puisse facilement passer outre ^^

      J'aime

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