[Chronique] Mon amie Adèle, de Sarah Pinborough

Mon amie adèle
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« L’amour, le vrai, n’est pas un long fleuve tranquille. Je le sais mieux que personne. Pourtant, je continue a y croire, envers et contre tout. Parfois le véritable amour a besoin d’un petit coup de pouce. Et j’ai toujours eu la main secourable. »


 
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Mon amie Adèle
Autrice :
Sarah Pinborough
Traducteur : Paul Benita
Éditeur : Préludes / Le Livre de Poche
Genres : Thriller
Date de parution : 27 septembre 2017
Nombre de pages : 470
Prix : 8,40 €
Synopsis
Louise est une mère célibataire coincée dans un quotidien minuté. Un soir pourtant elle embrasse un homme dans un bar… sans savoir qu’il est son nouveau patron.
David, psychiatre renommé, est dévoué à sa femme. Il regrette ce baiser mais ne peut s’empêcher de tomber amoureux de son assistante.
Adèle, l’épouse de David, semble n’avoir aucun défaut. Si ce n’est de vouloir à tout prix devenir l’amie de Louise…
Fascinée par ce couple modèle, Louise se retrouve malgré elle piégée au cœur de leur mariage. Et peu à peu, elle commence à entrevoir des failles. David est-il l’homme qu’il prétend être ? Adèle, aussi vulnérable qu’elle y paraît ? Et par quel secret inavouable sont-ils liés l’un à l’autre ?

MON avis

Mon amie Adèle est un thriller psychologique et est le premier roman de Sarah Pinborough. Il a fait grand bruit à sa sortie que ça soit en France ou à l’étranger où il a été traduit dans pas moins de 25 langues. Je m’attendais donc à une valeur sûre avec ce roman qui promettait un final incroyable et pourtant je me retrouve un peu en contre-courant puisqu’il m’a déçue. 

Un problème d’écriture ?

Le principal problème que j’ai rencontré avec cette lecture ne concerne pas vraiment l’intrigue, mais l’écriture. Je trouvé ce roman tout simplement très mal écrit. Les dialogues ne sont pas efficaces et crédibles et j’avais même parfois l’impression de lire un texte écrit par un enfant. C’est une critique assez dure, mais c’était réellement mon ressenti durant toute la lecture. Difficile de dire si cela vient ou non de la traduction, mais il est certain que c’est la raison principale pour laquelle j’ai eu du mal avec ce livre.  Je dois également ajouter que j’ai trouvé le texte assez problématique, car il est selon moi grossophobe. Le poids de l’héroïne est commenté en long, en large et en travers, ce qui m’a profondément énervée (et tout ça pour qu’on apprenne qu’elle a 4 kg en trop, sérieusement ?) .

Pourtant, j’ai bien ressenti le potentiel addictif du récit. Le roman est écrit tel un roman choral alternant les points de vue des deux personnages féminins principaux : Louise et Adèle. Certains chapitres nous emmènent également dans le passé d’Adèle. Ces alternances de point de vue et de temporalité font avancer rapidement l’intrigue et lui donne un rythme très dynamique. Mais à chaque fois que j’étais emportée par l’intrigue, l’écriture bancale voire même les fautes de français me coupaient dans mon élan. Je me retrouvais à lire plusieurs fois la même phrase et donc à couper le rythme et finalement à avoir hâte que cette lecture chaotique se termine tout en voulant quand même avoir le fin mot de l’histoire. 

La psychologie des personnages

Car oui, malgré ce problème d’écriture, l’intrigue dont la tension monte crescendo donne envie de connaître le dénouement ! Comme je le disais : on suit deux personnages principaux, Louise et Adèle qui sont reliées par leur relation avec David, la première étant sa femme, l’autre sa maîtresse. Adèle va pourtant tenir à devenir amie avec Louise et va peu à peu la manipuler pour parvenir à ses fins. Mais quelles fins ? C’est bien là toute la question que l’on se pose ! Car on comprend finalement bien vite les rôles que vont tenir les différents personnages du fait de leur construction manquant un peu de subtilité. Selon moi, l’un des points très important des thrillers psychologiques est bien la psychologie des personnages qui est au centre de ces intrigues et ici la psychologie n’était pour moi pas assez travaillée. L’autrice donne de très gros indices dès le début du récit sur la personnalité et l’objectif de ses personnalités grâce à de petites phrases lancées comme des twists ou en retraçant le passé d’Adèle. Cela donne du rythme au récit, mais ce n’était pas assez subtil pour entretenir du mystère autour des personnages. On sait donc facilement qui seront les gentils et les méchants de l’histoire, histoire d’ailleurs assez manichéenne. Les personnages sont en plus assez clichés, ce qui est pour moi assez peu convaincant pour un thriller psychologique où tout l’intérêt est bien le réalisme du psychisme des protagonistes. Je m’attendais à ce que l’autrice cherche à me tromper sur ses personnages en jouant avec des personnalités complexes qui se révéleraient ne pas être celles qu’on semblait croire, alors que non, aucune surprise ne vient des personnages.

Si ce roman ne se démarque pas en tant que thriller psychologique, c’est finalement un autre aspect qui fait toute sa particularité : le fantastique. 

Du fantastique ?

Je ne considère pas que l’aspect fantastique soit un spoil puisqu’il apparaît rapidement dans l’histoire et il est important pour moi de le mentionner, car c’est l’aspect le plus réussi du roman (selon moi). Tout d’abord le fantastique apparaît en très petites touches à travers la thématique des rêves et est vraiment bien intégré au récit. Il ne dénote pas du tout par rapport à l’aspect thriller et semble donc tout à fait naturel dans cette histoire. Cet élément fantastique apporte tout le suspense que les personnages n’amènent pas et ce n’est pas pour rien que le dénouement repose entièrement sur lui. J’ai beaucoup aimé la manière dont l’autrice a usé du fantastique et le dénouement du récit qui est effectivement très surprenant. Les lecteurs qui préfèrent les récits très ancrés dans la réalité ne seront sûrement pas convaincus par ce dénouement, mais pour les autres, aucun doute qu’ils seront surpris. Car oui, finalement l’autrice réussit le pari osé de proposer une fin aussi surprenante que glaçante, dommage seulement que le reste ne soit pas la hauteur. 


Conclusion


Mon amie Adèle a malheureusement été une déception à cause du style d’écriture trop faible induisant de la grossophobie et des personnages dont la psychologie n’était pas assez convaincante pour un thriller psychologique. Ainsi les personnages ne sont absolument pas surprenants et on comprend très vite qu’elle sera leur évolution et qui tire toutes les ficelles. Cependant, ce récit possède également un aspect fantastique lié à la thématique du rêve qui s’intègre très bien au récit et lui donne une dimension bien plus intéressante. Ainsi le récit se termine quand même sur une très bonne note grâce à un rebondissement surprenant, mais qui ne rattrape malheureusement pas les autres points négatifs. 

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