[Chronique] L’affaire Clara Miller, d’Olivier Bal

L'affaire Clara Miller
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« Mike Stilth, c’est vous, c’est nous, c’est moi. La star est devenue un symbole, une étoile de plus à punaiser sur le drapeau rapiécé du rêve américain. Salir Stilth, c’est nous salir tous. Nous renvoyer à nos propres faiblesses, nos propres failles, nos propres démons. »


 
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L’affaire Clara Miller
Auteur :
Olivier Bal
Éditeur : XO éditons
Genre : Thriller
Date de parution : 12 mars 2020
Nombre de pages : 496
Prix : 19,90 €
Synopsis

Son cadavre est remonté, comme celui d’autres femmes, à la surface de l’eau. Six au total… Là-bas, dans les forêts du New Hampshire, le lieu maudit porte un nom : le lac aux suicidées. Clara Miller était journaliste. Comme Paul Green, le reporter du Globe qui débarque sur l’affaire. Il avait connu Clara étudiante, et ne croit pas un instant à la thèse du suicide. Un homme l’intrigue : Mike Stilth, l’immense rock star retranchée à quelques kilomètres de là, à Lost Lakes, dans un manoir transformé en forteresse. L’artiste y vit entouré d’une poignée de fidèles, dont Joan Harlow, redoutable attachée de presse qui veille sur son intimité et se bat comme une lionne dès que l’empire Stilth est attaqué. Mais Paul, lui, a tout son temps. Dans sa vieille Ford déglinguée, il tourne inlassablement autour du domaine. Avec cette question : et si, du manoir, la route menait directement au lac ?

MON avis

J’avais découvert Olivier Bal avec son premier roman Les Limbes, un thriller fantastique très bien ficelé que j’avais beaucoup aimé. Avec L’affaire Clara Miller, Olivier Bal revient vers du thriller plus classique plutôt à destination de lecteurs souhaitant débuter dans ce genre.

Dans les coulisses de la célébrité 

L’affaire Clara Miller nous emmène dans l’intimité d’un chanteur mondialement connu, questionnant sur le mythe des apparences et sur la différence entre ce qu’on nous montre et la réalité. Cette thématique est abordée sous forme d’un roman choral, alternant les points de vue entre différents personnages. Mike Stilth tout d’abord, la fameuse star internationale, ses enfants Noah et Eva, son agent Joan qui contrôle l’image publique du chanteur et enfin Paul Green, un journaliste prêt à tout pour découvrir les secrets du chanteur et surtout son lien avec la mort de Clara Miller. Quelques chapitres sont également du point de vue de Clara Miller.

Ainsi le récit joue entre les différents points de vue, mais aussi avec la temporalité. La plupart des chapitres se déroulent à partir de l’année 1995, mais d’autres font un bon dans le temps jusqu’en 2006, jusqu’à ce que les deux temporalités se rejoignent. On ne peut pas enlever que cette construction du récit lui donne de l’originalité. Si les jeux de temporalités sont souvent utilisés dans les thrillers, c’est moins le cas des récits choral. Les points de vue de tous les protagonistes principaux de l’histoire sont ainsi donnés, ce qui a pour avantage de rendre le récit beaucoup moins manichéen. En réalité, il n’y a pas de gentils et de méchants dans cette histoire, chaque personnage agit pour ses propres intérêts. Les personnages ont finalement tous une part de culpabilité, ce qui change des récits d’enquêtes classiques où un enquêteur cherche à trouver le coupable d’un crime. Ici les rôles sont plus complexes et il n’est d’ailleurs aucunement question d’une enquête policière. Si enquête il y a, elle est plutôt journalistique. En effet, c’est le personnage de Paul Green qui va mener sa propre enquête autant à des fins autant personnelles que professionnelles. À travers cela, l’auteur aborde également la thématique de la protection de la vie privée et des paparazzi prêts à tout pour obtenir la moindre photo ou information. 

Un récit manquant de suspense

Tous ces thèmes tournant autour de la célébrité sont très bien traités par l’auteur. J’ai rarement lu de thriller abordant ce genre de sujet et j’ai donc trouvé ça assez rafraîchissant. Les personnages, bien qu’un peu caricaturaux sont assez crédibles, le fait de les suivre dans leur intimité permet de mieux comprendre leur psychologie. Il est d’ailleurs intéressant de voir les choses aussi bien de l’extérieur à travers le point de vue du journaliste que de l’intérieur. Le roman choral apporte donc beaucoup à l’intrigue, mais lui donne également un côté trop convenu. Entre le jeu de temporalités et les différents points de vue, beaucoup d’éléments de l’intrigue nous sont donnés avant qu’il n’arrive chronologiquement. Le récit manque ainsi de dynamisme et surtout de suspense. Généralement, j’attends des thrillers qu’ils y aient une grosse révélation ou qu’ils soient un minimum surprenant. Aucune surprise dans L’affaire Clara Miller, la 4e de couverture parle pourtant d’« une incroyable vérité ».  J’ai du mal à comprendre de quelle incroyable vérité on parle, ayant compris très vite tout l’histoire et n’ayant pas eu l’impression que l’auteur cherchait à cacher quoi que ce soit. 

Un roman pour débuter le thriller ?

Si ce roman aborde des thématiques intéressantes qu’on ne voit pas souvent dans les thrillers et qui sont bien traitées, le tout reste assez léger. L’intrigue est très soft, ce qui m’a plutôt surprise vis-à-vis des Limbes qui était assez violent. Les ficelles et facilités scénaristiques sont parfois assez grosses, ce qui contribue au manque de suspense global du récit. Même en termes d’écriture, le style est extrêmement simple, plus à l’image des thrillers grand public à la mode en ce moment. Les Limbes était pourtant très bien écrit et je suis assez déçue que l’auteur ait ainsi simplifié son style d’écriture. Finalement, à travers ces éléments, j’ai vraiment l’impression que ce roman est surtout destiné aux personnes ayant lu peu de thrillers et cherchant quelque chose d’assez léger pour se familiariser avec le genre. 


Conclusion


L’affaire Clara Miller est un thriller qui aborde de manière très réussi les thématiques liées à la célébrité comme les apparences ou la notion de protection de la vie privée. Le récit sous forme de roman choral permet de suivre les points de vue de tous les protagonistes principaux, ce qui donne une distribution des rôles intéressantes et loin d’être manichéenne. L’intrigue est ainsi agréable à suivre, mais manque un peu trop de suspenses et de révélations à mon goût.  

bonne lecture

2 réflexions sur “[Chronique] L’affaire Clara Miller, d’Olivier Bal

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