[Chronique] Les énigmes de l’aube – tome 1 : le premier souffle, de Thomas C. Durand

 
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les énigmes de l'aube

« Il fallut des heures pour le descendre de là, et quand enfin il fut en bas, il ordonna qu’on lui trouve cent bûcherons, non, mille bûcherons, non tous les bûcherons des Troyaumes ! En tout et pour tout, on mis mit la main sur onze bûcherons seulement, les autres ayant déjà du travail ailleurs ou invoquant leur jour de repos, le droit du travail, les conventions collectives et cetera. »


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Les énigmes de l’aube
Auteur :
Thomas C. Durand
Illustration : Loki Jackal
Éditeur : ActuSF
Genre : Fantasy
Date de parution : 28 août 2020
Nombre de pages : 405
Prix : 19,90 €
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Synopsis
« Bonjour, c’est ici pour apprendre la magie ? »
Anyelle a un don. Un sacré don même ! Elle peut renforcer la magie de ceux qu’elle touche. Mais pour maîtriser cette aptitude et apprendre, elle doit quitter la forêt qui l’a vue naître… La voilà en route, joyeuse, insouciante et un peu maladroite pour une école prestigieuse de magie… qui n’aime malheureusement pour elle, ni les filles ni les pauvres…

MON avis

Les énigmes de l’aube est le roman proposé cette année par ActuSF dans le cadre de la rentrée de la fantasy des indés de l’imaginaire.  Il s’agit en réalité d’une réédition d’un premier tome (d’un dyptique ?) publié aux éditions Midgard en 2012. 

Une critique de notre société

Premier souffle est avant tout un roman de fantasy humoristique qui dénonce au travers de l’humour certaines dérives de notre société. On ressent fortement l’influence Pratchettienne dans l’écriture de l’auteur et les nombreuses notes de bas de page qui composent le récit. Ce roman n’est pas non plus sans rappeler Les poisons de Katharz d’Audrey Alwett publié également dans la collection bad wolf d’ActuSF, roman rendant également hommage à Terry Pratchett. Si j’ai trouvé Les poisons de Katharz plus fin dans son humour, Les énigmes de l’aube propose une satire réussie de notre société sur fond d’école de magie. 

Ainsi on suit une jeune héroïne, Anyelle, âgée de 9 ans au caractère bien trempé qui va se découvrir un don très puissant et surtout dangereux et va devoir intégrer une école de magie normalement réservée aux garçons. Le roman nous conte son quotidien dans cette école de magie, les cours qu’elle va suivre, les personnages qu’elle va rencontrer là-bas. Tout ça n’est pas sans rappeler un jeune sorcier à lunettes et il est vrai qu’il est impossible de ne pas penser à Harry Potter en lisant ce roman tant l’auteur s’est inspiré de Poudlard pour construire son école de magie. Cependant, Thomas C. Durand a également su créer son propre univers, avec ses propres codes et des pouvoirs magiques assez originaux. Le père d’Anyelle est ainsi un anti-bûcheron, un bouton apparaît sur son visage dès qu’un arbre est coupé et il est alors capable de le faire repousser. Si le monde créé présente quelques similitudes avec celui d’Harry Potter, c’est pourtant bien de notre monde réel dont l’auteur se moque à travers son récit. Les traits de caractère des personnages sont ainsi volontairement grossis, les personnages n’ont de manière générale pas une grande ouverture d’esprit et assez peu brillent par leur intelligence. Chaque chapitre est le prétexte pour dénoncer certains faits, le plus évident est bien sûr les inégalités qui subissent les femmes, mais également celles liées aux différentes classes sociales. Bizarrement, quand on est riche, le fait d’être une fille n’est plus un problème…. L’auteur dénonce également de nombreuses choses liées au système éducatif, politique… De ce point de vue là, le roman est assez réussi, l’écriture de Thomas C. Durand est piquante, il manie très bien la plume humoristique même si rien n’est vraiment délivré de manière très subtile. Cet humour rend le roman très divertissant et aisé à lire, même si l’intrigue en elle-même manque de peps et de réels enjeux. 

Un manque d’enjeux et de mystères

L’auteur semble s’être énormément concentré sur l’aspect satirique du récit (qui fonctionne très bien, je le répète), mais en délaissant quelque peu son intrigue. 

Comme je le disais on suit le quotidien d’Anyelle de la découverte de son don jusqu’à son inscription et son quotidien au sein de l’académie de magie. Il n’y a pas réellement d’enjeux ni une réelle trame narrative dans le roman, l’auteur choisit surtout les évènements qui arrivent à Anyelle dans le but de dénoncer des faits. Ainsi, pour donner un exemple concret, le meilleur ami de l’héroïne, personnage qui semblait être assez important pour elle, disparaît complètement à un certain moment de l’intrigue comme s’il n’avait jamais existé et sans explications.  Il n’y a pas de mystères ou d’enquête à résoudre, rien qui apporterait une quelconque source de suspense à l’intrigue, la critique sociale est l’aspect qui prédomine et qui semble être le véritable but du récit. C’est un choix de l’auteur, et bien heureusement il nous apporte cette critique sociale sur fond d’un univers de fantasy drôle et bien construit si bien qu’on ne ressent jamais d’ennui et qu’on passe quand même un bon moment. Cependant si vous recherchez vraiment une histoire plus profonde en plus de la critique sociale, je vous conseillerais plutôt des récits comme Les Poisons de Katharz


Conclusion


Les énigmes de l’aube est un roman de fantasy humoristique construit de manière à délivrer une critique de notre société. On ressent fortement l’influence de Terry Pratchett dans l’écriture de Thomas C. Durand, mais l’auteur s’est également énormément inspiré d’Harry Potter pour construire son univers dont l’intrigue se déroule en grande partie dans une école de magie. À travers ce récit et sous couvert d’un humour très réussi, l’auteur dénonce de nombreuses choses comme les inégalités hommes/femmes, les inégalités liées aux classes sociales, le système éducatif… Si l’aspect satirique fonctionne très bien, il prend un peu trop le pas sur l’intrigue qui manque de réels enjeux et d’un peu de mystère, mais le roman reste globalement agréable à lire. 

bonne lecture

D’autres avis : L’ours inculteOmbrebonesFantasy à la carte – ? 

8 réflexions sur “[Chronique] Les énigmes de l’aube – tome 1 : le premier souffle, de Thomas C. Durand

  1. OmbreBones 14 octobre 2020 / 6 h 45 min

    Faut que j’ajoute ton lien à ma chronique ! Je vois qu’on a un avis semblable même si au départ j’ai pas remarqué le manque d’intrigue c’est en arrivant à la fin que je me suis dit mais… Hey… 😱😳 Ça restait sympa à lire toutefois !

    Aimé par 1 personne

    • Sometimes a book 14 octobre 2020 / 8 h 40 min

      Il faut que j’ajoute ta chronique aussi, j’ai vu qu’elle était sortie, mais du tout pris le temps d’aller voir ><" Mais super si on a le même avis !

      Aimé par 1 personne

      • OmbreBones 14 octobre 2020 / 9 h 16 min

        Haha en même temps je sais pas toi mais c’est la folie en ce moment je prends à peine le temps d’écrire une chronique sur mon planning alors bon ^^ » aucun malaise rassure toi !

        Aimé par 1 personne

  2. L'ours inculte 14 octobre 2020 / 8 h 11 min

    On est bien d’accord 🙂
    Merci pour le lientage !

    Aimé par 1 personne

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