[Chronique] L’attrape-malheur – tome 1 : Entre la meule et les couteaux de Fabrice Hadjadj

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« Son amour a été trop de fois trahi pour qu’il puisse aimer ou regretter qui ou quoi que ce soit. Le dernier coup lui a fait si mal à l’âme que son âme en est comme anesthésiée, tombée dans une nuit où elle aurait perdu jusqu’au souvenir de la lumière. »


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L’attrape-malheur – tome 1 : Entre la meule et les couteaux
Auteur :
Fabrice Hasjadj
Illustration : Tom Tirabosco
Éditeur : La joie de lire
Genre : Fantasy
Date de parution  :  17 septembre 2020
Nombre de pages : 279
Prix : 17,90 €
 
Synopsis
Jakob Traum est un garçon comme les autres, et pourtant…
Il est doté d’un étrange pouvoir qui peut le rendre invincible comme extrêmement vulnérable. Forcé de quitter son village natal, il part sur les routes avec un groupe de forains. Alors qu’une guerre éclate entre l’empereur Altemore et Ragar le rebelle, le don du jeune homme éveille l’intérêt des deux clans et, avec eux, celui d’un inquiétant individu au visage dissimulé par une sombre capuche.
 

MON avis

J’ai reçu les tomes 1 et 2 de L’Attrape-malheur grâce à une masse critique privilégiée sur Babelio. Il s’agit d’une trilogie jeunesse de fantasy dont je n’avais jamais entendu parler. Le premier tome est sorti en septembre 2020 et le deuxième est prévu pour le 22 avril 2021. 

Deux parties complètement distinctes 

Ce premier tome est composé de deux parties, la première partie d’environ 70 pages introduit le personnage principal, Jakob, un garçon né avec un étrange pouvoir puisqu’il est un attrape-malheur. Je vous laisse découvrir en quoi consiste exactement ce don, mais comme son nom l’indique Jakob va emmagasiner le malheur de ceux qui l’entoure. Ce pouvoir entraîne également d’autres conséquences qui sont justement développées dans toute la première partie du roman centrée sur l’enfance de Jakob et sa relation avec ses parents et les autres enfants du village où il grandit. Je dois dire que je n’ai vraiment aimé cette première partie à laquelle j’ai trouvé pas mal de clichés. Les explications données sur les actions des personnages ne m’ont pas non plus forcément convaincue, et on ressent fortement que l’auteur les a surtout mises en place pour amener la suite de son histoire. Cependant, le public cible de la trilogie étant jeune, ce point n’est pas forcément dommageable au roman. Néanmoins pour un roman jeunesse, cette première partie possède beaucoup de violences à la fois physique et psychologique. On suit une succession de malheurs, certaines scènes sont très dures et le ton est même cruel et je ne conseille donc pas forcément ce livre à un trop jeune public. 

Les 200 pages suivantes du récit sont consacrées à la deuxième partie du roman dans laquelle Jakob se retrouve engagé dans une troupe itinérante. On voyage donc avec la troupe, ce qui nous permet de découvrir un peu plus de l’univers puisque ce récit se déroule dans un monde de fantasy inventé. Il y a peu de détails sur la géographie de ce monde, on visualise surtout un univers assez rural, un mélange entre un univers médiéval et un univers rappelant l’époque des freaks shows. L’univers s’articule surtout comme un conte avec un world building assez peu développé, mais une histoire plutôt manichéenne servant à transmettre des messages ou une morale. J’ai plus apprécié cette deuxième partie, moins cruelle que la première mais où l’auteur commence à développer la trame qu’il veut installer. De manière générale, ce premier tome reste très introductif et il est difficile d’émettre un avis tranché à sa seule lecture. L’intrigue de manière générale reste très prévisible, je n’ai pas ressenti de surprise ni d’emballement à la lecture, mais il ne faut pas oublier que je ne suis pas le public cible. Il est tout de même difficile pour moi de conseiller ou non cette lecture puisqu’on entraperçoit à peine où l’auteur veut nous emmener. La lecture du tome 2 qui fait le double en termes de nombre de pages par rapport au tome 1 devrait m’aider à y voir plus clair notamment sur tout l’aspect philosophique qui semble être la finalité du récit et savoir à quel public recommander ce livre. 

Une écriture soignée, mais qui ne plaira pas à tout le monde

Si j’ai du mal à conseiller ce roman à la seule lecture du tome 1, il y a un point qui peut tout de même se révéler très clivant : l’écriture de l’auteur. Fabrice Hadjadj a fait un très gros travail d’écriture sur texte, il joue avec les mots, les phrases et les sonorités en usant de nombreux jeux de mots et répétitions. Il utilise parfois un ton très oral et enfantin et parfois un vocabulaire très élaboré. L’auteur coupe même parfois son intrigue pour s’adresser directement au lecteur et commenter les évènements à venir. La plume est donc loin d’être neutre et si je l’ai personnellement appréciée, je ne doute pas que certains lecteurs pourront la trouver trop présente et qu’elle sera peut-être un peu difficile à suivre pour de trop jeunes lecteurs. 

« Alors vous demandez : quel pouvoir lui a valu pareil surnom ? Allons, nous y arriverons bientôt. Sachez pour l’heure qu’il s’agissait d’un pouvoir étrange, double, tellement double qu’on pouvait aussi bien le prendre pour une espèce d’impuissance. On n’aurait su dire, au fond, qui s’était penché sur son berceau : Clochette ou Carabosse ? Peut-être les deux en même temps, en se cognant la tête. »

Dernier point que je n’ai pas mentionné : le roman est ponctué de nombreuses illustrations réalisées par Tom Tirabosco. Les illustrations possèdent un style très simple qui ne correspond pas forcément à mon goût, mais c’est un point positif pour la cible jeunesse du roman !

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Conclusion


L’attrape-malheur est le premier tome d’une trilogie de fantasy construit à la manière d’un conte philosophique. On connaît peu de détails sur l’univers du récit, mais on retrouve une ambiance médiévale dans laquelle est mélangé l’univers du freak show. Ce premier tome, même s’il vise une cible plutôt jeunesse, possède un ton assez sombre et cruel. La première partie est particulièrement difficile et ne m’a pas forcément convaincue. J’ai plus apprécié la deuxième partie dans laquelle la trame de l’histoire commence à s’installer, le tout restant encore assez prévisible et la portée philosophique pas encore très claire. J’ai donc encore du mal à avoir un avis tranché sur cette histoire et la lecture du tome 2 sera déterminante pour savoir si je peux conseiller ou non cette trilogie. Cependant, j’ai beaucoup apprécié la plume très travaillée de l’auteur qui joue avec les sonorités et les mots donnant un style enjoué au récit, mais qui pourra se révéler clivant en fonction des lecteurs. 

Bonne lecture

3 réflexions sur “[Chronique] L’attrape-malheur – tome 1 : Entre la meule et les couteaux de Fabrice Hadjadj

  1. OmbreBones 7 avril 2021 / 6 h 22 min

    Je ne pense pas que ce soit un roman fait pour moi mais je ne connaissais ni l’auteur ni la maison d’édition donc merci pour cette découverte !

    Aimé par 1 personne

  2. Yuyine 8 avril 2021 / 14 h 47 min

    Inconnu au bataillon en effet. Je pense que ça aura beaucoup de mal à attirer le public jeunesse en biblio (la couverture sera un grand non chez nous). Je ne suis pas certaine d’avoir envie de le pousser vu les reproches.

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