[Chronique] Les Veilleurs, de Jean-Luc Bizien

Les Veilleurs

« La lune est ronde ce soir et ils sont tous là, dehors. Je peux deviner leur présence dans la rue, dans les égouts, dans les couloirs des bâtisses abandonnées. J’ai trouvé un abri pour la nuit. La porte est solide, personne ne la franchira. Peut-être même vais-je pouvoir dormir quelques heures et reprendre des forces. »


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Les Veilleurs (tome 1)
Auteur :
Jean-Luc Bizien
Illustration : Zariel
Éditeur : ActuSF
Date de parution  :  20 septembre 2018
Nombre de pages : 384
Prix : 15,90 €
 
Synopsis
Alors que Paris est victime d’un virus qui transforme ses habitants en monstres, et notamment les adultes, quelques groupes de jeunes « immunisés » tentent de survivre dans ce qui est devenu un enfer. À l’extérieur, l’armée a entouré la ville d’une immense muraille pour éviter la propagation de l’épidémie. Aucune fuite n’est possible… Et dans ce cauchemar, Marie se découvre enceinte. Attend-elle un bébé ou un monstre prêt à la dévorer de l’intérieur ?
 

MON avis

Les Veilleurs est le premier tome de ce qu’il semble être une trilogie (? rien n’est indiqué sur la couverture/dans le livre, ni même le fait qu’il s’agisse d’un tome 1 d’ailleurs). Pour l’instant deux tomes ont été édités aux éditions ActuSF.

Un roman aux multiples personnages

Les Veilleurs est un roman de science-fiction plutôt à destination d’une cible young adult. Il nous emmène dans un monde qu’on pourrait qualifier de post-apocalyptique puisqu’une maladie a transformé les habitants de Paris en monstres obligeant le gouvernement à murer la ville enfermant à l’intérieur ses habitants qu’ils aient été contaminés ou pas. Le roman est construit comme un roman choral, chaque chapitre suit le point de vue d’un personnage et on alterne ainsi entre une dizaine de personnages. Il faut donc un certain temps d’adaptation afin d’apprendre à connaître les différents personnages et réussir à les replacer dans leur contexte. Car l’un des points forts du roman est qu’on découvre plusieurs facettes de la ville en suivant des personnages enfermés à l’intérieur, mais aussi des personnages externes. On suit par exemple Steiner qui est un sniper placé en haut du mur et chargé de protégé les personnes qui rentrent dans la ville lors d’opérations militaires. Car oui la ville n’est pas totalement laissée à l’abandon et des délégations sont amenées à pénétrer à l’intérieur pour diverses raisons. Cependant, l’entrée est quasiment toujours définitive. 

Jean-Luc Bizien réussit à rendre les points de vue de chacun des personnages très intéressants. Les chapitres sont très courts et ne laissent pas beaucoup de temps pour nous familiariser avec eux. On ne peut donc pas dire que les personnages ont une psychologie très développée, mais tous les personnages apportent une vision nouvelle de la ville qui est finalement peut-être elle-même le personnage le plus important du récit. Un seul personnage qui ne doit avoir que deux chapitres de son point de vue m’a laissée un peu perplexe puisque la trame narrative autour de lui n’est qu’à peine esquissée, mais les autres personnages ont tous une évolution dans ce premier tome. C’est extrêmement plaisant de le suivre, certains sont très attachants, on adore en détester d’autres. Certains personnages nous emmènent dans des désillusions terribles du fait des choix qu’ils prennent. Je pointerais quand même un bémol en ce qui concerne les personnages féminins. Il y a deux points de vue féminins dans le roman et je les ai trouvés tous les deux assez clichés. Pendant une grande partie du livre, les femmes ne semblent vivre qu’à travers l’ombre masculine, même si j’ai eu l’impression que cela évoluait dans le bon sens à la fin, espérons que ça soit le cas dans le deuxième tome. 

Un pur roman d’action 

Si Les Veilleurs propose un univers post-apocalyptique assez restreint puisque l’action se déroule uniquement autour de Paris tel un huis-clos, on ne sait absolument rien de la situation ailleurs et l’univers est très peu détaillé. Le roman est centré sur le présent, et on ne sait rien de cette épidémie et de la manière dont elle a été traitée lorsqu’elle est apparue. Finalement, j’ai eu la sensation qu’on n’en disait pas trop, car le contexte du roman n’est pas très crédible, il faut accepter la situation comme elle est dépeinte sans vraiment chercher à trop réfléchir et à l’intellectualiser. C’est quelque chose que j’ai souvent beaucoup de mal à faire et j’ai tendance à ne pas aimer les romans de science-fiction young adult justement à cause des univers peu cohérents. Et pourtant, j’ai réussi ici à accepter cela et à me laisser porter par cette intrigue bourrée d’action. Jean-Luc Bizien nous offre un roman hyper prenant et haletant, un concentré d’action difficile à lâcher. Malgré les quelques défauts, j’ai donc passé un excellent moment avec cette lecture qui a été extrêmement divertissante et immersive. 

L’identité des monstres n’est pas mentionnée dans la quatrième de couverture, mais j’ai envie d’en parler dans cette chronique, car ce point m’a étonnée et est dévoilée dès les premières pages. Je ne pense donc pas que ça soit un spoil, mais si vous ne voulez rien savoir, je vous conseille de ne pas lire ce paragraphe. L’épidémie entraîne ainsi la transformation des adultes en monstres de trois types qui sont décrits comme étant des vampires, des loups-garous et des goules. J’ai été surprise de voir ces monstres assez classiques ici et finalement ils sont revisités d’une manière assez intelligente. Les humains ne se transforment en réalité par vraiment en vampire ou loup-garou, ce sont simplement la ressemblance des symptômes qui fait qu’on les surnomme ainsi. Et si au départ les trois types de « créatures » sont amalgamés en « monstres tueurs d’humains », on se rend compte que la situation est plus complexe que ça et qu’on ne peut pas considérer les trois créatures de la même manière. Le récit pose donc les bases d’une réflexion plus profonde que ce que ce que le ton peut laisser penser au départ et je suis très curieuse de voir comment ça sera développé dans le (ou les) prochain(s) tome(s).


Conclusion


Les Veilleurs est un roman de science-fiction qui nous emmène aux côtés d’une multitude de personnages dans un Paris emmuré où une épidémie transforme les adultes en monstres. Jean-Luc Bizien construit son récit à la manière d’un roman choral dans lequel on trouve le point de vue d’une dizaine de personnages. Les personnages ne sont pas forcément très développés, mais ils offrent tous une vision différente de la ville et de la situation qu’ils sont en train de vivre. L’intrigue démarre à un rythme effréné dans ce pur roman d’action où l’univers n’est pas extrêmement crédible et manque de quelques explications, mais qui est hyper prenant et divertissant. Si on réussit à passer au-dessus de ces quelques défauts liés à l’univers, le roman permet de passer un excellent moment et semble proposer une réflexion assez intéressante sur les monstres que deviennent les adultes touchés dans l’épidémie. A confirmer dans la suite ! 

TB lecture

D’autres avis : Un rat des villesKanou Book – ?

3 réflexions sur “[Chronique] Les Veilleurs, de Jean-Luc Bizien

  1. Baroona 21 avril 2021 / 14 h 15 min

    « (? rien n’est indiqué sur la couverture/dans le livre, ni même le fait qu’il s’agisse d’un tome 1 d’ailleurs) » : c’est classique chez ActuSF et ça me désespère à chaque fois. (Du coup, pour une fois, je suis bien content de ne pas être tenté par le livre. ^^’) La fin appelle une suite ou il pourrait quand même se suffire à lui-même ?

    Aimé par 1 personne

    • Sometimes a book 21 avril 2021 / 19 h 10 min

      Oui je sais bien que c’est courant chez actuSF mais ça me désole à chaque fois. Et non clairement le tome 1 ne se suffit pas à lui-même, l’intrigue démarre à peine !

      J'aime

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