[Chronique] La Prophétie de l’arbre, de Christophe Misraki

La prophétie de l'arbre

« Son cri couvrit un autre hurlement, venu de l’intérieur du complexe en flammes. Un hurlement où se mêlaient la surprise, l’horreur, la consternation et une insondable tristesse. Un hurlement produit par cinq voix unies. »


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La trilogie de PanDaemon – tome 1 : La prophétie de l’arbre
Auteur :
Christophe Misraki
Illustration : Benjamin Carré
Éditeur : Fleuve
Date de parution  :  4 février 2021
Nombre de pages : 592
Prix : 22,90 €
 
Synopsis
Il y a 1 400 ans, le Conflit Originel opposa Malévolents et Forces du Bien, éparpillant les lieux et les populations. Que les Forces du Bien l’aient emporté n’est finalement qu’anecdotique.
Nous sommes en 1422 de l’Ère de la Reconstruction, dans l’une des Sept Provinces, le Comté d’Erceph. Un artefact aux étranges et importants pouvoirs, l’Entité, est à l’œuvre dans le cœur de chacun des Sept Suzerains et se transmet naturellement de père en fils le jour des vingt-trois ans de celui-ci.
Le Comte Portor, Suzerain d’Erceph, a deux filles : Layah et surtout Sarah qui approche de son vingt-troisième anniversaire. De nombreuses forces politiques ont espéré en vain un événement qui éviterait de faire face à cette échéance funeste : la Transmission de l’Entité à une femme. Nombreux sont ceux en effet qui interprètent les Prophéties d’Arkharon dans le sens d’un présage funeste pour toute l’humanité si une Entité venait à habiter le cœur d’une femme.
Il était écrit que cette transmission serait marquée par la trahison et la mort.
 

MON avis

La Prophétie de l’Arbre est le premier tome d’une trilogie sur laquelle Christophe Misraki aurait apparemment travaillé plus de 10 ans. Il est paru en février 2021 aux éditions Fleuve qui lui ont fait une grande presse le qualifiant même de « nouvelle voix de la fantasy française » et le comparant aux plus grands noms du genre. De quoi donner beaucoup d’attentes aux fans du genre. Attentes qui, pour ma part, n’ont malheureusement pas été complètement satisfaites. 

Il est vrai cependant que La prophétie de l’arbre est un roman très ambitieux qui nous introduit un monde complexe aux multiples créatures séparées en deux catégories assez manichéennes : les alliées aux forces du bien et leurs opposants composés notamment de créatures appelées Malévolents et leurs serviteurs : Les Diables. Si les forces du bien ont remporté une grande victoire dans le passé, les Malévolents se reconstruisent peu à peu et ne sont pas loin d’avoir retrouvé toute leur puissance au début de ce tome. C’est dans ce contexte que la fille d’un important suzerain se fait assassiner alors qu’elle devait lui succéder. Fait inquiétant, son cœur a été dérobé par son assassin dans un but bien particulier que je vous laisse découvrir… 

Je voudrais parler tout d’abord de la plume de l’auteur dont la simplicité m’a surprise. Je m’attendais à une plume très travaillée voire poétique comme on en voit souvent dans les romans de fantasy francophones, sûrement trompée par la mention « la nouvelle voix de la fantasy française » sur le bandeau. J’ai eu l’impression que l’auteur préférait laisser sa plume s’effacer au profit du reste, et si j’ai une préférence pour les écritures plus travaillées, il est vrai qu’une plume plus lourde aurait porté préjudices à ce récit déjà très dense. La fluidité de la plume permet de s’immerger plus facilement dans l’univers et de tourner les pages sans difficulté malgré sa relative complexité.

Une première partie introductive

Ce roman est séparé en deux parties, la première moitié sert à poser les bases de l’intrigue et le contexte du roman quand la deuxième rentre plus dans le vif du sujet. 

La première moitié du récit possède une narration assez déstabilisante puisque l’auteur passe d’un personnage à un autre pour présenter son univers. Le début peut donc se révéler un peu complexe à suivre puisqu’on rencontre une immense galerie de personnages sans s’attarder sur un en particulier. Ce faisant l’auteur ne dévoile en plus que très peu de l’étendue de cet univers qui semble extrêmement foisonnant et dont on a du mal à saisir tout l’essence. Néanmoins, cette première partie s’attarde sur des jeux politiques assez intrigants et même si l’intrigue ne démarre pas réellement avant les 300 premières pages, celles-ci ne sont absolument pas dénuées d’intérêt. Cependant, j’ai ressenti un peu de lassitude dans le changement constant de points de vue. Cette première moitié ne permet pas vraiment de s’attacher à un ou plusieurs personnages et on doit sans cesse appréhender la rencontre avec un nouveau personnage et retracer les liens qu’il possède avec les précédents. J’avais envie que l’intrigue s’attarde plus sur un ou plusieurs personnages en particulier et qu’elle prenne le temps de développer leur personnalité. C’est finalement ce qui arrive dans la deuxième moitié du récit qui est davantage consacré au personnage de Kern et à la bande qu’il a constituée afin de retrouver le cœur disparu.   

Une deuxième partie plus dynamique

Même si l’auteur continue de multiplier les points de vue, l’intrigue trouve un vrai fil conducteur à partir du démarrage de la quête de Kern. Les bases de l’intrigue étant posées, on a alors l’impression que le récit commence à nous emmener dans une direction plus claire, et qu’on peut commencer à mieux appréhender les personnages principaux de l’intrigue. J’ai ainsi retrouvé un grand regain d’intérêt à la lecture, d’autant que l’auteur nous emmène dans des lieux extrêmement étranges. Le roman passe par des paysages extrêmement variés en fonction des personnages que l’on suit : les forces du bien d’un côté, mais aussi les Malévolents qui vivent à l’écart, puisqu’on suit également leur point de vue, ce qui est assez pertinent. On suit également un très étrange personnage traversant un immense désert et se protégeant en se fabricant chaque nuit un immense cocon. Il est difficile de comprendre comment tout ce monde fonctionne et comment tous ces paysages sont reliés, mais il est certain que l’auteur a imaginé un système extrêmement dense et qu’il n’en a posé que quelques morceaux dans ce premier tome. 

Si j’ai apprécié cette deuxième partie, j’ai malheureusement été déçue par la fin qui m’a laissé un sentiment de « tout ça pour ça ». Si j’avais l’impression que l’intrigue nous emmenait quelque part, elle semble faire marche arrière et j’ai finalement eu l’impression d’avoir tourné en rond sans avancer. Ce premier tome laisse donc un sentiment de frustration face à l’étendu d’un univers dont on ne comprend pas encore très bien les codes et à une intrigue qui ne semble qu’être à peine esquissée à l’issu de ces 600 pages. 


Conclusion


La prophétie de l’arbre est le premier tome d’une trilogie de fantasy à l’univers qui semble être foisonnant même si classique dans ses codes avec l’opposition du bien et du mal. La première moitié s’intéresse à une farandole de personnages dont les points de vue permettent de poser les bases de l’intrigue et de l’univers. Cette première partie pose également des enjeux politiques intéressants, même si on se lasse un peu de ces changements constants de points de vue qui ne permettent pas de s’attacher à un personnage et de permette à l’intrigue de démarrer. Celle-ci démarre vraiment dans la deuxième partie qui se concentre plus sur la quête d’une bande de personnages. Le trame narrative semble alors vraiment installée, mais cela est trompeur puisque ce premier tome se termine sans avoir vraiment amorcé son intrigue ni dévoilé complètement l’étendue de son univers.

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D’autres avis : TachanLes fantasy d’Amanda – ? 

 

7 réflexions sur “[Chronique] La Prophétie de l’arbre, de Christophe Misraki

  1. Steven 24 avril 2021 / 6 h 56 min

    Ce roman me donnait envie mais ce n’est pas le premier avis mitigé que je lis, je pense donc ne pas tenter l’aventure et me pencher sur d’autres lectures.

    Aimé par 1 personne

    • Sometimes a book 25 avril 2021 / 16 h 42 min

      Oui il y a beaucoup d’avis mitigés, c’est dommage. Mieux vaut attendre la suite pour voir si ça vaut le coup ou pas de se lancer !

      Aimé par 1 personne

  2. tampopo24 24 avril 2021 / 8 h 10 min

    Frustration partagée après avoir refermé même si pour ma part c’est parce que j voulais qu’il s’appuie plus sur la première partie plus politique.
    En revanche comme toi, j’ai aimé cette plume simple surtout que j’avais peur après avoir lu certaines chroniques disant l’inverse…

    Aimé par 2 personnes

    • Sometimes a book 25 avril 2021 / 16 h 41 min

      Oui je comprends, moi aussi j’aurais aimé qu’il garde le côté politique, mais avec une narration différente… A voir dans quelle direction part le tome 2 !

      Aimé par 1 personne

  3. Yuyine 26 avril 2021 / 15 h 32 min

    Tu soulèves exactement ce que je craignais avec ce roman. Intéressant pour son univers assurément très fouillé, je pense néanmoins que ce n’est pas pour moi qui fonctionne surtout aux personnages.

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