[Chronique] Delius, une chanson d’été, de Sabrina Calvo

delius
 
« Après deux semaines de voyage éreintantes, Lacejambe revenait au bercail. S’il avait su quelle formidable aventure l’attendait, quel mystère monstrueux se profilait derrière l’ambiance ouatée de cette soirée d’été, quelle terrible conspiration cosmique il allait mettre à jour grâce à sa seule audace… il serait resté au lit. »


couv74071367
 
Delius, une chanson d’été
Autrice :
Sabrina Calvo
Illustration : Cindy Canévet
Éditeur
: Mnémos
Genre : Fantastique / Thriller
Date de parution : 1er octobre 1997
Nombre de pages : 291
Prix : 19 €
 
Synopsis
XIXe siècle. Un poète assassin sème la terreur autour du monde, ses victimes sacrifiées aux cours d’horribles rituels floraux. Sur ses traces, Bertrand Lacejambe, un botaniste excentrique et son fidèle Fenby, elficologue amateur. Aux portes de la folie et de la magie, ils vont devoir braver les dangers de Féerie pour dévoiler la terrible menace que fait peser le Diadème sur nos rêves.
 
MON avis
Si Délius, une chanson d’été a été réédité en 219 avec une magnifique couverture qui a attiré l’œil de pas mal de lecteurs vers ce récit, ce n’est pas un roman si récent que cela puisqu’il a été publié initialement en 1997. Néanmoins, il n’a pas pris une ride et ce petit décalage temporel ne se ressent absolument pas à la lecture. 
 
Délius, une chanson d’été est un roman qui mélange fantastique et thriller, deux genres qu’il n’est pas facile d’associer puisqu’on peut tomber dans une sorte de facilité justement, en expliquant tous les mystères pas des éléments surnaturels. Dans Délius, la frontière entre les deux genres est plus pernicieuse et thriller et fantastique se mêlent de manière un peu brumeuse. Le récit emprunte du thriller le fait qu’on suive une enquête pour des meurtres que doivent mener nos personnages principaux, Mais cette enquête est loin d’être classique, d’ailleurs rien n’est classique dans ce roman et les amateurs de pur thriller pourraient être complètement déboussolés à la lecture. L’aspect fantastique et même fantasmagorique du récit m’a semblé beaucoup plus prégnant. On ne suit pas une enquête dans laquelle des éléments A + B vont nous mener à un tueur – d’ailleurs l’identité du tueur n’est même pas un mystère -, mais on gravite surtout dans un univers qu’on ne comprend pas toujours avec des codes bien à lui et parfois un certain côté loufoque et déluré. Il faut surtout se laisser porter par cette lecture, mettre de côté toute rationalité et partir dans un autre monde plein de féérie (mais sans oublier qu’un tueur en série rode !). Bref si la plume est douce belle et poétique avec un côté vraiment envoûtant, il est certain que le récit ne convaincra pas tous les lecteurs. Certains seront charmés par l’aspect enchanteur, d’autres complètement perdus, cherchant désespérément à se raccrocher à quelque chose de tangible sans y arriver. C’est donc vraiment un livre dont il est difficile de parler et qu’il est difficile de conseiller tant il pourra faire un effet différent en fonction du lecteur. Moi-même, je n’arrive pas à vraiment savoir si j’ai adhéré à tout ça ou non. Je dois dire que quand je reposais le livre, il me manquait un petit truc me donnant envie d’y retourner. Un peu de suspense peut-être ! Et pourtant quand j’y retournais, je passais un agréable moment entre ces pages, le bilan est donc plutôt positif.
 
Mais parlons un peu de l’intrigue. On y suit un duo de personnages détonants : Bertrand Lacejambe, un botaniste très doué et un peu loufoque, et Fenby qui se passionne lui pour le monde des fées. Le duo est appelé à intervenir dans une enquête sur des meurtres assez étranges puisque les victimes ont le corps rempli de fleurs, mais une variété de fleurs très peu commune que même Lacejambe ne connaît pas ! Il ne lui en faut pas plus pour se passionner sur l’affaire et partir sur les traces de cet étrange tueur. Le duo est très agréable à suivre, ils ont chacun une personnalité haute en couleur et se complète très bien et ne sont pas sans rappeler Sherlock Holmes et son acolyte Watson. Les autres personnages sont plus difficiles à saisir, Délius le musicien, le tueur lui-même, et même Arthur Conan Doyle qui fait des apparitions dans le roman, ne sont pas des personnages extrêmement creusés et on sent que l’autrice entretiens volontairement un flou autours d’eux. D’ailleurs Sabrina Calvo joue énormément sur son ambiance, mixant des éléments qui s’opposent : féérie et terreur, merveilleux et horreur, douceur et folie… rendant l’atmosphère si étrange. Le roman nous emmène dans des scènes parfois absurdes, parfois beaucoup plus réalistes sans beaucoup de transition et donc parfois de manière assez décousue. Et pourtant le tout s’associe très bien et permet de proposer une expérience de lecture vraiment originale. 
 
L’art sous toutes ses formes est également un élément central de ce roman et il vaut donc mieux y être sensible pour apprécier le récit. Sabrina Calvo interroge vraiment sur la place de l’art, sur ce qui fait un artiste. Tous les personnages sont des artistes et l’autrice montre différentes manières de faire vivre leur art. Si vous avez vous aussi une âme d’artiste et que partir des contrées inconnues où vous perdrez vos repères ne vous fait pas peur, n’hésitez pas à vous lancer dans Délius, une chanson d’été, ce sera certainement une expérience de lecture marquante ! 
 
Bonne lecture

8 réflexions sur “[Chronique] Delius, une chanson d’été, de Sabrina Calvo

  1. tampopo24 18 août 2021 / 6 h 36 min

    Tu me donnes envie de connaître moi aussi cette expérience étrange, surtout que les personnages ont l’air charmant et le mélange horreur/conte de fée terriblement singulier. Je compte bien le tester un jour 😁

    Aimé par 1 personne

  2. Yuyine 18 août 2021 / 8 h 40 min

    Je suis assez tentée, d’autant que pas du tout insensible au monde de l’art. Merci pour cette belle critique éclairante.

    Aimé par 1 personne

  3. Steven 18 août 2021 / 21 h 24 min

    Je suis plus que tenté ! Je le mets sur ma WL et pense vite craquer pour réaliser à mon tour cette expérience de lecture.

    J’aime

  4. OmbreBones 19 août 2021 / 7 h 57 min

    Je me rappelle d’avoir eu une sensation étrange durant ma lecture. C’est clairement dépaysant, original et poétique, ça change mais faut aimer quoi. Je ne pense pas que ça me correspondrait encore aujourd’hui 🤔

    J’aime

  5. DreamBookeuse 26 août 2021 / 16 h 26 min

    Je crois que tu as clairement résumé ma lecture avec le terme « expérience » ahah. C’est hyper original, j’avais adoré ce tome ci et sa suite. J’aime me laisser porter par l’étrange, la poésie bizarre et assumée de Sabrina Calvo, c’est une autrice à suivre pour son originalité je pense.

    J’aime

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s