[Chronique] Time Salvager, de Wesley Chu

Time Salvager
 
« Pas étonnant que ces humains se soient révélés si doués pour la guerre une fois dans l’espace. Ils s’étaient beaucoup entraînés sur Terre. »


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Time Salvager
Auteur :
Wesley Chu
Traductrice : Laura Contartese
Illustration : Richard Anderson
Éditeur : OutreFleuve
Genre : Science-fiction
Date de parution : 9 septembre 2021
Nombre de pages : 523
Prix : 22,90 €
 
Synopsis (attention spoilant)
La Terre n’est plus qu’un champ de ruines dépeuplé et toxique. Ses habitants l’ont quittée depuis longtemps pour s’établir dans le système solaire. Leur survie repose sur les ressources que les Chronmen, des voyageurs du temps, vont régulièrement chercher dans le passé. James est l’un d’eux : désabusé, abîmé par chaque voyage, il n’est plus que l’ombre de lui-même. Ses supérieurs, veillant au respect scrupuleux des Lois temporelles qui régissent chaque bond dans le temps, le trouvent de plus en plus ingérable. Si ce n’était son talent et son expérience inégalée, ils l’auraient mis dehors depuis longtemps. C’est pourtant James qui est choisi pour exécuter une mission cruciale : on l’envoie effectuer une récupération sur la plateforme Nutris, juste avant l’explosion qui va ravager la Terre. James sait qu’il a peu de chance de réussir, mais s’il y parvient, il obtiendra une confortable retraite et pourra passer son temps à se saouler, seul, en ruminant le passé, son loisir préféré. James accepte, mais sa rencontre avec Elise, une biologiste de génie qu’il sait condamnée, va changer la donne. Incapable de la laisser derrière lui, il brise la première et plus importante des Lois temporelles en ramenant la jeune femme dans son présent. Désormais fugitifs, James et Elise vont découvrir que la Terre n’est peut-être pas condamnée…
 
MON avis
Wesley Chu est un auteur d’origine taïwanaise qui s’est fait connaître grâce à sa trilogie The Lives of Tao (non traduite en France). Il a également écrit à quatre mains avec Cassandra Clare le spin off de la saga The mortal instrument : la malédiction des anciens. 
 
Time Salvager est le premier tome d’une trilogie, chose qui n’est mentionnée nulle part ni sur le livre, ni sur le communiqué de presse que j’ai reçu et mon avis s’en retrouve donc biaisé, puisque j’ai lu ce livre comme un one-shot. Mon principal problème a d’ailleurs été mon impression de ne pas lire une histoire complète, on en reparlera, mais c’est dommage, même si j’en comprends maintenant la raison, j’aurais mieux apprécié ma lecture si j’avais eu cette information avant.
 

Une mise en place convaincante 

Time Salvager démarre de manière complètement cinématographique. L’auteur, dans son style d’écriture et dans le rythme qu’il impose au récit, donne au lecteur l’impression de regarder un film, plus que de lire un livre. Il donne dès les premières pages un aspect très visuel et rythmé à son intrigue et ce n’est donc pas surprenant que ce roman soit actuellement en cours d’adaptation. Son écriture extrêmement fluide, l’action omniprésente ne sont pas les seuls éléments à faire penser à un film, les technologies utilisées sont également très cinématographiques. J’ai eu l’impression que Wesley Chu s’inspirait plus de films de science-fiction que de livres pour créer son univers, donnant un côté plus grandiose et visuel à sa technologie sans trop se préoccuper de l’aspect technique et scientifique.  

Les premières pages du récit démarrent directement au cœur l’action avec un premier chapitre donnant le ton du récit et introduisant le concept de voyage dans le temps. Car comme le titre le laisse penser, il sera bien question de voyage dans le temps dans ce roman et plus particulièrement de voyage dans le passé. Wesley Chu nous emmène dans un univers futuriste où la Terre a été dévastée suite à diverses catastrophes ce qui a forcé les humains à partir à la conquête de l’espace. Le récit mêle ainsi voyages spatiaux et voyages temporels. On suit James Griffins-Mars qui fait partie des rares individus habilités à voyager dans le temps. Les aventures de James vont nous amener sur Terre et nous faire découvrir le sombre passé de la planète. Le récit se veut ainsi porteur d’un message écologique, qui reste assez secondaire, mais qui est bien présent. De manière générale, j’ai trouvé les 300 premières pages du roman très réussies. L’intrigue est mise en place de manière dynamique et intrigante, les codes de cette société futuristes et les règles qui régissent les voyages dans le temps sont intéressantes à découvrir. On découvre également à travers James un personnage très gris, à la fois victime et prisonnier de la société dans laquelle il évolue. C’est un personnage assez torturé parfois immoral, mais rendu attachant et agréable à suivre grâce à son évolution et à sa volonté de changer. 

Une deuxième moitié qui manque de souffle

Si l’auteur réussi à donner un souffle très réussi à son histoire dans sa première partie, il retombe malheureusement ensuite dans une intrigue beaucoup plus commune et convenue. L’auteur tombe malheureusement dans les dangers lorsque l’on parle de voyages dans le temps à savoir les incohérences. De nombreuses incohérences parsèment la deuxième partie du récit d’autant plus que l’auteur refuse d’expliquer la manière les personnages réussissent à voyager dans le temps en s’en justifie de manière assez maladroite. De manière générale, il vaut mieux éviter de lire ce livre avec un œil scientifique/critique et plutôt se laisser porter par ce qui semble vouloir être un pur divertissement. 

Cependant, si j’ai réussi à me laisser porter dans la première partie, cela a été moins le cas dans la deuxième du fait de sa construction. Après la mise en place assez longue de l’intrigue, le roman semble trouver une direction, les personnages poursuivant un objectif commun qui semblait être le but final du récit. Mais avant même d’avoir trouvé les solutions, une bataille finale vient tout balayer et clore le récit. Vous comprenez donc pourquoi, avant de savoir que le roman était un tome 1, j’étais très surprise par cette fin, ayant le sentiment d’avoir lu une intrigue incomplète. Sachant désormais qu’il y aura une suite, je suis moins déçue par cet aspect du récit, même si je trouve tout de même l’utilisation de la grosse bataille finale trop facile et amenée maladroitement. Sachez d’ailleurs que le synopsis spoile quasiment l’intégralité du roman et que vous pourrez deviner l’intégralité de l’intrigue rien qu’à sa lecture, je vous déconseille donc de vous y attarder. De manière générale, le récit ne propose rien de très nouveau et reprend les codes de la science-fiction avec de gros sabots sans jamais vraiment rentrer en profondeur dans les thématiques abordées. Néanmoins, il reste agréable à lire grâce à son ambiance un peu glauque et post-apocalyptique et à l’aventure très rythmée qui y est relatée ! 


Conclusion


Time salvager est le premier tome d’une trilogie de science-fiction qui mélange aventures spatiales et voyage dans le temps. On retrouve la Terre dans une ambiance post-apocalyptique assez bien retranscrite à travers James, un voyageur du temps qui va nous ramener dans le passé de la planète. Le récit est extrêmement dynamique et écrit de manière très cinématographique. L’auteur semble avoir puisé son inspiration dans le cinéma autant pour les technologies utilisées dans son intrigue que dans sa manière de construire son histoire. Il s’attarde ainsi plus sur l’action que sur un réel développement de son univers. Les 300 premières pages qui mettent en place l’intrigue sont très dynamiques et agréables à suivre. J’ai malheureusement été moins emballées par la suite qui cumulaient beaucoup de facilités scénaristiques et d’incohérences et dont la construction a été pour moi trop maladroite avec une bataille finale venant complètement couper le récit. De manière générale, Time salvager manque de profondeur et de prise de risque, mais se veut plutôt être un pur divertissement, assez réussi si c’est ce que vous recherchez !
 
Bonne lecture
 
 

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11 réflexions sur “[Chronique] Time Salvager, de Wesley Chu

  1. Baroona 13 novembre 2021 / 18 h 24 min

    C’est vraiment terrible les tomes 1 cachés, je compatis. Je n’étais déjà pas vraiment tenté, mais là c’est rédhibitoire. 😅

    Aimé par 1 personne

    • Sometimes a book 14 novembre 2021 / 10 h 09 min

      Oui là vraiment j’étais dégoutée quand j’ai vu l’info (que j’ai trouvée sur des sites anglais en plus) et je ne lirais pas le tome 2…

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  2. OmbreBones 14 novembre 2021 / 10 h 47 min

    Ah ouais donc en prime même dans le communiqué de presse ce n’était pas indiqué ? Eh bah…
    Je te comprends, on n’aborde pas de la même façon un tome 1 qu’un one-shot, c’est pas honnête du tout. Moi je ne chipote plus, je mets un gros stop et je ne fais plus confiance à la ME…

    Aimé par 1 personne

    • Sometimes a book 14 novembre 2021 / 21 h 06 min

      Oui exactement aucune indication sur le communiqué de presse, ni nul part dans le livre et en le lisant on peut penser que c’est un one shot pas abouti si on ne sait pas qu’il y a une suite :/

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      • OmbreBones 15 novembre 2021 / 5 h 46 min

        C’est vraiment honteux :/ en plus ça ne sert personne, ni l’auteur, ni la maison d’édition, enfin je radote tu me diras mais franchement.. 🙄

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  3. Xapur 14 novembre 2021 / 12 h 43 min

    Ah, j’avais vu que ce n’était pas un one-shot (mais j’ai dû chercher sur le ouéb), du coup je ne me suis pas lancé dedans. Mais c’est pas cool de ne pas le signaler, vaste sujet en cours de discussion chez Ombrebones^^.

    Aimé par 1 personne

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