[Chronique] La maison au milieu de la mer céruléenne, de TJ Klune

the house in the cerulean sea
« As I said previously, the world is a weird and wonderful place, but that doesn’t mean it’s not without teeth. And it will bite you when you least expect it. »


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La maison au milieu de la mer Céruléenne
Auteur :
TJ Klune
Traduction : Cécile Tasson 
Éditeur : De Saxus
Genre : Fantasy
Date de parution : 1er juillet 2021
Nombre de pages : 474
Prix : 18,90 € (broché) / 23,90 € (relié) / 11,99 € (numérique)
 
Synopsis
Linus Baker mène une vie tranquille et solitaire. À quarante ans, il vit dans une petite maison avec un chat caractériel et ses vieux disques. En tant qu’agent du Ministère de la Jeunesse Magique, il doit s’assurer du bien-être des enfants dans les orphelinats supervisés par le gouvernement.
Mais lorsqu’il est convoqué de manière inattendue par les Cadres Extrêmement Supérieurs, il se voit confier une mission curieuse et hautement secrète : se rendre sur l’île de Marsyas dans un foyer où résident six dangereux pensionnaires.
Obligé de mettre ses craintes de côté afin de rédiger un rapport objectif sur l’établissement, Linus va vite comprendre que les enfants ne sont pas le seul secret que renferme l’île. Il devra également réussir à cerner le charmant et énigmatique directeur des lieux, Arthur Parnassus, qui fera tout pour défendre ses protégés.
À mesure qu’il découvre d’incroyables secrets et qu’il se rapproche d’Arthur, Linus va se retrouver confronté au plus difficile des choix : faire son devoir ou écouter son cœur.
MON avis
 
TJ Klune est un auteur prolifique de romans de fantasy et de romance dans lesquels il a à cœur de mettre en avant des personnages LGBTQIA+. La maison au milieu de la mer Céruléenne paru en 2020 ne fait pas exception puisqu’il met un scène un personnage homosexuel dans un récit de fantasy où il installe en toile de fond et de manière très lente une petite pointe de romance. C’est aujourd’hui le roman de TJ Klune le plus salué par la critique, il a reçu plusieurs prix et a été sélectionné par le Washington Post parmi les meilleurs romans feel good de l’année 2020. 
 
Si vous connaissez un peu mes goûts, vous savez que La maison au milieu de la mer Céruléenne semble très loin d’y correspondre. J’ai plutôt tendance à fuir les récits estampillés « feel good » et encore plus les romances (bien que je ne considère pas vraiment que ce roman en soi une). Et pourtant les avis assez unanimes sur cet ouvrage ont réussi à me convaincre et je ne le regrette pas. Ce roman est bien plus qu’un récit feel good, on est très loin de l’étalage de bons sentiments que je redoutais. La maison au milieu de la mer Céruléenne nous emmène dans un récit sensible, un conte philosophique et optimiste qui nous interroge sur le monde et nous encourage à le voir de la plus belle façon possible. 
 
Le récit nous emmène dans le quotidien de Linus Baker, un homme d’une quarantaine d’année qui vit seul avec son chat et travaille au Ministère de la Jeunesse Magique. Il visite ainsi les orphelinats du pays dans lesquels sont accueillis des enfants dotés de pouvoirs magiques pour s’assurer de leur bien-être. Linus est un homme extrêmement consciencieux, son travail représente toute sa vie et il fait toujours tout son possible pour être le plus droit et objectif possible. C’est très agréable de suivre un homme d’une quarantaine d’années dans un roman de fantasy. On a souvent l’habitude de voir mis en avant des personnages jeunes en apprentissage, qui cherchent leur voie et possèdent des compétences extraordinaires. La maison au milieu de la mer Céruléenne prend le parti de nous offrir l’exact contraire. On suit un personnage qui a déjà construit une partie de sa vie, il a beaucoup d’expérience dans son travail, ce qui lui confère une certaine expertise. Mais c’est également un personnage assez banal, loin des canons de beauté et qui est enfermé dans un travail qu’il aime, mais où il n’évolue pas et n’est pas vraiment considéré. Linus est aussi un personnage assez mal à l’aise dans les relations sociales, bref c’est un personnage profondément humain dans lequel on peut aisément s’identifier. 
 
Linus va être choisi pour aller évaluer un orphelinat éloigné et mystérieux qui accueille 6 enfants très particuliers… Cet homme qui pensait son destin tout tracé va être bouleversé par les rencontres qu’il va y faire, qui vont remettre en question toutes les choses qui pensaient être acquises. Je ne préfère pas vous en dévoiler trop sur l’intrigue et surtout sur les occupants du mystérieux orphelinat où Linus va passer un mois, car c’est un vrai plaisir de les découvrir les uns après les autres. TJ Klune prend un grand soin à construire une personnalité propre et des particularités à chacun de ses personnages. Il n’en délaisse aucun montrant bien que si certains enfants de l’orphelinat nécessitent une attention particulière, tous méritent d’être mis en avant et considérés de la même manière. Ainsi que ce soit dans la représentation ou dans les leçons éducatives qui sont données aux enfants, on ressent une immense bienveillance en parcourant les pages de ce roman. À travers le lien entre les enfants et les adultes TJ Klune aborde énormément de thématiques et de concepts philosophiques toujours de manière positive. Les enfants sont éduqués de manière à ce qu’ils ne soient jamais bridés dans leur personnalité afin qu’ils apprennent à utiliser de la meilleure manière possible leurs forces et leurs faiblesses. L’auteur nous offre avec énormément de finesse une ode à la tolérance, à la différence, à la notion de famille également qui dépasse les liens du sang. Et comme je le disais, tous ces concepts ne sont pas étalés comme un amoncellement de bons sentiments. Ils sont savamment mis en scène dans une histoire qui comporte son lot de noirceur. Car TJ Klune ne cache pas les difficultés de la vie, mais offre au contraire une réflexion sur la manière dont on peut choisir d’affronter les épreuves. 
 
Si le propos du récit est particulièrement important, l’intrigue n’en est pour autant jamais délaissée. L’auteur nous offre une succession de scènes tour à tour drôles, cyniques, touchantes et parfois plus pesantes. Les quelques mystères qui entourent l’orphelinat donnent également un peu de suspense au récit. Si le rythme reste relativement lent, il n’y a pas de longueurs tant l’évolution de Linus est fascinante. Il apprend des enfants autant qu’eux apprennent de lui, ce que j’ai trouvé très beau. Finalement, La maison au milieu de la mer Céruléenne est un vrai bonbon, un roman d’une immense beauté capable de nous redonner foi en l’humanité.  

Pour conclure, j’avais rarement lu un roman avec des personnages si bien construits, si réels et des thématiques abordées de manière si juste et touchante. On n’a jamais l’impression de lire un récit qui se passe dans un orphelinat imaginaire, au contraire, c’est un roman vivant, si prégnant qu’on semble progresser aux côtés des personnages, on rit et on apprend avec eux, et finalement on ressort du récit en ayant l’impression que l’on peut tout accomplir dans la vie.  
 
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D’autres avis : OmbrebonesFourbis & têtologie 

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15 réflexions sur “[Chronique] La maison au milieu de la mer céruléenne, de TJ Klune

  1. OmbreBones 12 mars 2022 / 6 h 15 min

    Merci pour le lien ! Et très contente que ça ait été un coup de coeur pour toi aussi 🥰 ce roman fait tellement de bien !! Je n’en revenais pas moi même de l’adorer à ce point parce que comme toi de prime abord il ne rentre pas du tout dans mes goûts. Comme quoi…

    Aimé par 1 personne

    • Sometimes a book 13 mars 2022 / 18 h 04 min

      Oui c’est fou, comme quoi heureusement qu’on ose parfois sortir de notre zone de confort, sinon on passerait à côté de pépites pareille, ça serait dommage !

      Aimé par 1 personne

  2. Steven 12 mars 2022 / 7 h 09 min

    Je ne lis que d’élogieux avis concernant ce roman et le tien ne déroge pas à la règle. J’attends cet été pour le découvrir et profiter de cette œuvre à mon tour qui, j’espère, rejoindra ton et les autres coups de cœur 😉

    Aimé par 1 personne

  3. tampopo24 12 mars 2022 / 9 h 03 min

    Superbe chronique ! On sent très bien combien il t’a touchée.
    Les beaux personnages que tu décris me donnent très envie même si sur le papier l’imaginaire feel good c’est pas trop mon truc lol
    Je me laisserais bien tenter après t’avoir lu 😘

    Aimé par 1 personne

    • Sometimes a book 13 mars 2022 / 18 h 10 min

      Je suis très contente si ma chronique retransmet bien les belles émotions qu’on ressent à la lecture. Et je suis ravie de t’avoir donner envie de le découvrir !

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      • tampopo24 13 mars 2022 / 21 h 57 min

        Maintenant, il faut que j’essaie de le trouver car je le vois indispo sur Amazon ^^!

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  4. Baroona 12 mars 2022 / 16 h 08 min

    Si ça fonctionne même sur quelqu’un qui n’était de base pas la cible, c’est d’autant plus fort et ça me donne du coup réellement envie de le découvrir.

    Aimé par 1 personne

    • Sometimes a book 13 mars 2022 / 18 h 09 min

      Oui tout à fait, je pense qu’il faut pas forcément se fier à nos a priori sur ce roman et se lancer en se laissant porter par les personnages !

      J’aime

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