[Chronique] La voix des ombres, de Frances Hardinge

La voix des ombres

« Sa mère hocha la tête avec lenteur. Elle ne dit rien de plus et n’acheva pas son histoire. Makepeace sentit son sang se glacer. Sa mère était comme ça, par moments. Les conversations devenaient des énigmes semées d’embûches, et ce qu’on répondait était lourds de conséquences. »

[Chronique] C’est l’inuit qui gardera le souvenir du blanc, de Lilian Bathelot

C'est l'Inuit

« Je respire lentement par la bouche. Je dirige mon souffle sur le petit tas de neige que j’ai déposé juste devant mes lèvres pour éviter que de la vapeur se forme. Je respire bien. L’air glacé me brûle la poitrine. J’ai froid, mais je reste calme. Je suis immobile. Comme un bloc de glace. Je suis un bloc de glace. »

[Chronique] L’ours et le rossignol, de Katherine Arden

l'ours et le rossignol

« Une part d’elle-même avait cru – espéré – qu’elle trouverait de l’aide dans la forêt. Le destin, la magie. Elle avait espéré l’apparition de l’Oiseau de feu, ou de la jument à la crinière d’or, ou du corbeau qui était en fait un prince… Quelle bêtise, de croire aux contes de fées. La forêt hivernale n’avait cure des hommes et des femmes ; le tchiort dormait l’hiver et les princes-corbeaux n’existaient pas. »

[Chronique] Kra : Dar Duchesne dans les ruines de l’Ymr, de John Crowley

Kra
 
« Oiseau de mort. Memento mori, comme l’appelait parfois le Frère dans l’autre langue, la langue spéciale. Mais c’était eux, les Humains, qui s’intéressaient à la mort. Ce que voulait une Corneille, c’était vivre : elle le voulait dans un repli si profond de son être qu’on ne pouvait ni le trouver, ni le nommer, ni en parler. »

[Chronique] La Belgariade – Intégrale 1, de David Eddings

La Belgariade
 
« Garion regarda le vieil homme dont les cheveux et la barbe blanche semblaient briller d’une lumière intérieure sous le soleil du matin.
– Comment ça fait de vivre éternellement, grand-père ? demanda-t-il.
– Je ne sais pas, répondit sire Loup. Je n’ai encore jamais vécu éternellement. »

[Chronique] American Elsewhere, de Robert Jackson Benett

American Elsewhere

« Pour l’heure, l’impensable a eu lieu : l’un d’eux est mort. Non, pire que ça : il a été assassiné. Comment une telle chose a-t-elle pu arriver ? Est-ce que la mer clapote dans le ciel ? Est-ce que les planètes se percutent ? Est-ce qu’on peut tenir les étoiles dans la paume de sa main ? Non, non. Par conséquent, ils ne peuvent pas mourir. »

[Chronique] Ordo d’Anthony Combrexelle #PLIB2021

 
Ordo

 

 

« Ton Imago te permet de te substituer aux regards, le mien de tordre les perceptions, chuchota t-il à son oreille… alors qu’il se trouvait en face d’elle, à plusieurs mètres de là. Je peux jouer avec tes sens, les tordre pour que tu sentes une odeur de brûlé à la place d’une rose, que tu manges une délicieuse mousse au chocolat constituée de tes excréments, que tu me vois où je ne suis pas, que tu entendes une voix qui n’est pas la mienne ou que tu te tires dessus en pensant que tu vises quelqu’un autre… »

[Chronique] Vilain chien, de Morgane Caussarieu

 –Vilain Chien

« Survivre seul. A tout juste dix ans. Un travail à temps plein, un travail d’adulte, et on ne l’y avait pas préparé. C’était arrivé du jour au lendemain. Comme si Mom, même si elle était restée, était aussi partie avec P’pa. qu’elle avait démissionnée de son poste de Maman. Qu’elle faisait juste semblant d’être encore là… »

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[Chronique] Le Roi sombre, d’Oren Miller

Le Roi sombre
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« Le respect des droits fondamentaux avait, ici, des allures d’instrument de torture, et une bonne vieille septicémie aurait été plus humaine. Mais comme le lieu de détention d’Ed était parfaitement entretenu, voire un tantinet immaculé, il avait plus de chances de croiser Dieu dans sa cellule qu’un microbe. Il deviendrait donc un vieux dingue en excellente santé. »

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