[Chronique] Le cœur perdu des automates, de Daniel H. Wilson

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« Très vite, je comprends que je suis moi aussi une chose, en ce monde. Mais pas comme la poupée qui continue à écrire avec l’obstination aveugle de l’eau qui coule vers l’aval. Non, je suis… autre chose. Différent de cet homme évanoui, constitué de chair douce.
D’une certaine façon, je suis. Et je dois l’avouer, c’est une étrange chose que d’être. »


 
9782265117242ORI
Titre VO : The clockwork dynasty
Auteur
 : Daniel H. Wilson
Traducteur : Patrick Imbert
Éditeur : Fleuve
Genre : Science-fiction
Date de parution : 13/09/2018
Nombre de pages : 410
Prix : 21,90 €

Synopsis :

Moscou, 1709. Un automate reprend vie dans un atelier, aux côtés d’une poupée à la mécanique tout aussi précise et complexe que la sienne, sa soeur. Doués de parole et d’une âme, ils ont pourtant tout oublié de leur passé. Et de la guerre qui déchire leurs semblables.

De nos jours. Fascinée par les automates, June parcourt le monde à leur recherche, brûlant de percer leur mystère. Elle possède un étrange legs de son grand-père : une sorte de coeur finement ouvragé, réceptacle, elle le sent, d’un secret intemporel et d’une histoire épique. En effet, si les automates existent depuis la nuit des temps, dissimulés parmi les hommes, le compte à rebours pour leur survie a débuté. Et c’est June qui en détient la clef.

MON avis

Les différents chapitres de ce roman s’alternent sur deux temporalités différentes : le présent d’un côté et le début du XVIIIe siècle de l’autre (et parfois le passé de manière plus générale). On est embarqué dès les premières pages dans un tourbillon d’action et d’aventure qui nous emmène dans un tour du monde puisqu’on va suivre les personnages dans leur traversée de l’Europe, des États-Unis et même de l’Asie, tout cela en seulement 400 pages.

Et c’est là que le bât blesse, puisque j’ai trouvé qu’il était difficile de s’immerger dans l’univers et de s’attacher aux personnages de ce roman. Le début m’a semblé un peu décousu, comme si on nous racontait une succession de faits sans liens chronologiques les uns avec les autres pour nous mettre en place l’intrigue. On ne nous laisse pas le temps de comprendre les personnages qui ont pourtant une psychologie complexe puisque certains ne sont pas régis par des mécanismes humains (les fameux automates). J’ai donc été globalement indifférente à tout ce qui pouvait arriver aux personnages n’ayant pas eu le temps de ressentir de l’empathie pour eux dans la première partie et n’ayant pas réussi à reprendre le train en route. 

J’ai également été désagréablement surprise par l’extrême violence de ce roman. La violence de l’univers est compréhensible, mais chaque scène est une succession de guerres et de combats à mort très sanglants dans les deux temporalités. J’ai eu l’impression que l’intrigue et la quête que mène les personnages étaient englouties sous cette omniprésence de violence. 

J’ai donc plusieurs fois hésiter à abandonner ce roman, mais la seconde moitié a réussi à capter à nouveau mon attention. Il faut dire que ce roman est très bien écrit. Il n’y a rien à dire de la plume de Daniel H. Wilson qui est dosée à la perfection et qui donne à ce roman énormément de fluidité. De plus, moi qui avais peur d’un certain manichéisme au début, j’ai été surprise par la tournure des évènements. Les révélations balayent tous les codes et on se rend compte au fur et à mesure que les personnages sont beaucoup moins lisses que ce qu’ils pouvaient laisser penser. 

L’auteur nous apporte donc une réflexion très intéressante sur ces automates qui sont au départ programmés pour suivre un mode de pensée précis, mais qui se révèlent être beaucoup plus complexes que ça. Malheureusement, les quelques très bonnes idées du récit ne sont pas assez développées et se retrouvent noyés sous une intrigue pas très originale et surtout extrêmement fouillis. Finalement, je ne retiens pas grand-chose de ce récit à part un sentiment d’extrême confusion. 

Je pense donc que le format one-shot n’était pas l’idéal pour l’idée originale de ce roman et qu’il aurait mérité d’être beaucoup plus développé à travers plusieurs tomes ou, au moins, beaucoup plus de pages. 

Conclusion

La magnifique couverture et le thème des automates reprenant vie m’avait énormément attirée, mais ce roman m’a finalement déçue. L’intrigue, bien que très violente, avait pourtant beaucoup de potentiel, mais la psychologie des personnages qui était pour moi la vraie originalité du récit manquait énormément de profondeur et le tout était finalement très confus. 

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3 réflexions sur “[Chronique] Le cœur perdu des automates, de Daniel H. Wilson

  1. leslivresderose 16 décembre 2018 / 16 h 51 min

    Bon ben, je sens que ce livre va décorer un moment ma bibliothèque! Heureusement qu’il a une jolie couverture!…^^

    Aimé par 1 personne

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