[Chronique] Piranèse, de Susanna Clarke

piranèse

« Et Toi, qui es-Tu ? Pour qui donc suis-Je en train d’écrire ? Et-Tu un voyageur qui a trompé les Marées et franchi les Sols défoncés et les Escaliers en ruine pour accéder à ces Salles ? Ou peut-être es-Tu quelqu’un qui hantera mes salles personnelles longtemps après ma mort ? »

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[Chronique] Le goût de la victoire, de Ken Liu

Le goût de la victoire

« Nous devons tous apprendre de nos erreurs. Tu m’as trahie parce que tu estimais n’avoir aucun autre choix. Tu viens d’apprendre une grande leçon : ce sont ces moments-là qui nous dévoilent notre âme véritable et nous poussent à lutter pour l’enrichir. »

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[Chronique] La Fileuse d’argent, de Naomi Novik

La fileuse d'argent

« J’ignorais ce que je ressentais, ce qui motivait mes paroles. La colère, je pense. Je ne me souvenais pas en avoir jamais ressenti. La colère m’avait toujours semblé vaine, tel un chien courant après sa queue. A quoi aurait servi d’être en colère contre mon père, ou ma belle-mère, ou les serviteurs qui me traitaient avec rudesse ? Les gens étaient parfois en colère à cause du temps qu’il faisait, parce qu’ils s’étaient cogné l’orteil contre une pierre ou coupés avec un couteau, comme si ces choses étaient responsables de leurs malheurs. Tout cela m’avait toujours semblé parfaitement inutile. La colère était un feu dans un âtre, et je n’avais jamais eu de bois pour la nourrir. Jusqu’à aujourd’hui, apparemment. »

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[Chronique] Le Livre de M, de Peng Shepherd

le livre de M
 
« Je voudrais tant que mes souvenirs soient restés dans un autre endroit de mon corps – n’importe où, les yeux, le bout des doigts, la plante des pieds. Les gens quand ils meurent ont si peur de perdre leur corps – mais à quoi ça sert un corps ? À rien. Le corps ne se souvient de rien. De rien du tout. Ce n’est pas le corps qu’on devrait avoir peur de perdre. »

[Chronique] Capitale du Nord – tome 1 : Citadins de demain, de Claire Duvivier #PLIB2022

capitale du nord
 
« – Ce sont des pensées tout à fait naturelles, même si elles vous viennent bien précocement. Quand j’avais trente ans, je me figurais être un balourd par rapport au vif jeune homme de vingt ans que j’avais été ; et aujourd’hui, je souhaiterais tellement me montrer aussi perspicace que l’était ce balourd… C’est une illusion. Ce n’est pas votre esprit qui s’engourdit, c’est le monde autour de vous qui vous apparaît progressivement dans toute sa complexité ; un processus qui ne cessera qu’à votre mort. S’en inquiéter est plutôt sain, mais cela ne doit pas vous paralyser. »

[Chronique] Les employés, de Olga Ravn

Les Employés
 
« Depuis que j’ai abouti ici, j’ai la certitude que je suis mort, mais que, dans mon cas particulier, on m’a laissé continuer à faire semblant. Je suis comme une plante qui est presque entièrement fanée, sauf une seule bouture verte qui est toujours vivante, et cette bouture, c’est mon corps et ma conscience, et ma conscience est comme une main, elle touche au lieu de penser. »

[Chronique] Gagner la guerre, de Jean-Philippe Jaworski

Gagner la guerre
 
« Je me suis fait avoir. Je suis devenu un héros. Il faut dire que j’ai pas fait dans la dentelle, et que j’ai payé assez cher mes laurier. Du coup, on a brodé un paquet de contes sur mon dos ; et dans un sens ça se comprend. C’est le genre d’évènement qui répand un long frisson de frousse le long des artères de la ville et qui marque durablement les cervelles… »

[Chronique] Les chroniques de St Mary – tome 4 : Une trace dans le temps, de Jodi Taylor

Une trace dans le temps
 
« Personnellement, je pense que l’humanité est arrivée au terme de son développement. Nous détruisons la planète. Nous trouvons toujours de bonnes raisons de nous massacrer. Le mauvais dieu. La mauvaise couleur de peau. Le mauvais sexe. Pour tout dire, je suis surprise que l’Histoire, à force de supporter nos conneries, n’ait pas eu envie de brandir son épée enflammée pour tous nous renvoyer dans des cavernes enneigées, à nous nourrir de mammouth pas assez cuit. Et encore, c’est plus que ce qu’on mérite. »