[Chronique] Le chant d’Achille, de Madeline Miller

le chant d'Achille

« Elle souhaitait qu’il devienne un dieu. Pour elle c’était simple, une évidence. Un dieu. Je ne pouvais pas imaginer Achille ainsi. Les dieux étaient insensibles et distants, aussi lointains que la lune. Ils n’avaient rien à voir avec ses yeux vifs, la chaleur malicieuse de ses sourires. »

[Chronique] The Bone Season, de Samantha Shannon

The Bone season

« C’était l’heure de pointe, à laquelle nombre de Londoniens rentraient chez eux après le travail – plongés sur leur téléphone ou leur tablette, incapables de sentir les esprits qui voletaient et dansaient autour d’eux. J’avais autrefois été effrayée par ma clairvoyance, mais à présent je la chérissais. Je percevais un monde qu’ils ne verraient jamais. Leur vie serait toujours à moitié vide. »

[Chronique] Les Veilleurs, de Jean-Luc Bizien

Les Veilleurs

« La lune est ronde ce soir et ils sont tous là, dehors. Je peux deviner leur présence dans la rue, dans les égouts, dans les couloirs des bâtisses abandonnées. J’ai trouvé un abri pour la nuit. La porte est solide, personne ne la franchira. Peut-être même vais-je pouvoir dormir quelques heures et reprendre des forces. »

[Chronique] La ville sans vent – livre 2, d’Eléonore Devillepoix

la ville sans vent 2

« Hormis quelques paquets de neige tombés des palmiers morts, aucun mouvement n’avait agité le patio du palais royal depuis plusieurs décades. Le froid semblait avoir figé l’écoulement du temps, donnant à l’édifice l’allure d’une scène vide. Et comme toute scène vide, il paraissait attendre un spectacle. »

[Chronique] Les bras de Morphée, de Yann Bécu

les bras de morphée

« J’insiste, c’est une méprise, je bémolise, je m’aplatis, je me rétracte. Il secoue la tête comme je l’ai fait mille fois face à un élève pris à tricher, et s’éloigne en soupirant. Je viens probablement d’échapper à une baffe pédagogique d’anthologie. À retenir : ne pas sous-estimer les abrutis. Ils restent nos lointains cousins. »

[Chronique] L’attrape-malheur – tome 1 : Entre la meule et les couteaux de Fabrice Hadjadj

l'attrape malheur

« Son amour a été trop de fois trahi pour qu’il puisse aimer ou regretter qui ou quoi que ce soit. Le dernier coup lui a fait si mal à l’âme que son âme en est comme anesthésiée, tombée dans une nuit où elle aurait perdu jusqu’au souvenir de la lumière. »