[Chronique] Un fruit amer, de Nicolas Koch

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« Olsen avait l’etrange sensation d’être une mouche
dans un nid de frelons. Un intrus. Une tumeur a extraire
d’un corps déjà malade
 »


 
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Un fruit amer
Auteur 
: Nicolas Koch
Éditeur : De Saxus
Genre : Thriller
Date de parution : 28 février 2019
Nombre de pages : 498
Prix : 21 €

Synopsis
Comté de Woodbridge, Alabama, 1963.

En pleine ségrégation raciale, le Ku Klux Klan répand la terreur au nom de la suprématie blanche alors que la communauté noire fait entendre sa voix pour obtenir plus de droits. C’est dans ce contexte explosif qu’un fait divers va mettre le feu aux poudres. Un matin, le corps d’une jeune blanche violée et battue à mort est retrouvé dans les bois. Elle n’est autre que la fille d’un riche entrepreneur de la région qui est lui-même membre du Klan.

Qui a bien pu la tuer ? Pour les autorités, ça ne fait aucun doute : c’est l’oeuvre d’un Noir. Peu avant le drame, la victime avait écrit au FBI, car elle craignait pour sa vie. Le Bureau dépêche alors sur place l’un de ses agents afin de tirer l’affaire au clair. Ce dernier va découvrir qu’elle a été tuée et il va se retrouver au cœur de la haine des Hommes, face à une vérité dérangeante…

MON avis

Nicolas Koch nous emmène dans un thriller à l’atmosphère très lourde et pesante sur fond de ségrégation raciale. Je n’avais encore jamais lu de roman sur cette période de l’histoire et sur le Ku Klux Klan et j’ai donc beaucoup aimé cet aspect qui est pour moi le point central du récit. Il s’agit d’un sujet difficile et qui m’a semblé assez bien traité, même si mes connaissances sur cette période historique sont assez limitées donc je peux me tromper.

Tout d’abord, il ne faut pas s’attendre à un gros thriller à suspens, mais plus à un roman à ambiance. Même si le point de départ repose sur la découverte du cadavre d’une jeune fille, l’identité du/des coupable(s) ne reste pas très longtemps un secret et c’est plus la manière dont l’enquête est menée qui va être le fil conducteur de l’histoire. Car, il faut le dire, la corruption est le maître mot du comté de Woodbridge où se déroule l’intrigue et la lutte entre blancs et noirs est impitoyable. Difficile donc pour l’enquêteur du FBI de déceler le vrai du faux quand tout le monde se protège les uns les autres et que le Ku Klux Klan fait le ménage sur les choses qui le dérange. Et c’est cet aspect de l’histoire qui est vraiment intéressant. On se demande si et comment les coupables vont finir par payer et si l’agent du FBI va réussir à ramener un peu d’humanité dans le comté. De cette manière, Nicolas Koch réussi à nous immerger dans son roman sans qu’on voie vraiment les 500 pages défiler ce qui est une belle réussite, même si j’aurais aimé un peu plus de suspens et c’est pour moi le seul point que je pourrais vraiment reprocher au récit. 

Mais il n’y a pas à dire, la quatrième de couverture ne nous ment pas quand elle nous promet une atmosphère brûlante. Même en plein hiver, on peut sentir la chaleur se dégager de cette lecture tant elle est immersive. Difficile donc pour le lecteur de ne pas être révolté devant toute la haine et la violence des personnages face à la différence des autres. L’horreur qui se dégage des différentes scènes est extrêmement réaliste et c’est la grande force du récit. On est loin d’un thriller classique, et si la ségrégation raciale est un sujet qui ne vous intéresse pas du tout, vous ne devriez pas trouver votre compte avec cette lecture. Cependant, si comme moi vous êtes curieux d’en savoir plus sur le sujet et même si le thriller n’est pas votre genre de prédilection, je vous conseille vraiment de tenter l’aventure. On n’est pas dans un thriller particulièrement gore et sanglant, toute la difficulté de cette lecture repose dans son côté réaliste et sur la prise de conscience qu’il peut entraîner. 

L’auteur présente les évènements comme ils ont pu se dérouler à l’époque. L’un des points que j’ai le plus apprécié dans ce récit, c’est que les personnages ne sont absolument pas caricaturaux. Ils ne sont pas tous des monstres poussés par leur haine, beaucoup sont au contraire parfaitement nuancés. Certains personnages sont juste des marionnettes qui se font influencer par des personnalités plus charismatiques, d’autres sont simplement dominés par la peur d’avoir un avis contraire à la majorité. Le travail sur les personnages est très bien réalisé et contribue à nous immerger totalement dans le récit. Vous comprenez donc maintenant pour je qualifie vraiment ce roman de thriller à ambiance ! 

Un fruit amer.png


Conclusion 


Un fruit amer est un roman totalement immersif grâce à l’atmosphère brûlante qu’il dégage et aux personnages très bien construits. On est loin d’un thriller classique, le tout repose sur un grand réalisme plutôt que sur une enquête à suspens. Et c’est justement le suspens qui m’a un peu fait défaut, même si j’ai beaucoup apprécié suivre l’enquête et l’évolution des personnages.  

bonne lecture

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