[Chronique] La ville sans vent – livre 2, d’Eléonore Devillepoix

la ville sans vent 2

« Hormis quelques paquets de neige tombés des palmiers morts, aucun mouvement n’avait agité le patio du palais royal depuis plusieurs décades. Le froid semblait avoir figé l’écoulement du temps, donnant à l’édifice l’allure d’une scène vide. Et comme toute scène vide, il paraissait attendre un spectacle. »


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La ville sans vent – Livre 2
Autrice :
Eléonore Devillepoix
Illustration : Guillaume Morellec
Éditeur : Hachette
Genre : Fantasy
Date de parution  :  14 octobre 2020
Nombre de pages : 398
Prix : 18 €
 
Synopsis
Alors que le froid s’abat sur Hyperborée, Lastyanax et Arka sont séparés. Le jeune mage a laissé derrière lui famille et amis pour se lancer à la recherche de sa disciple, partie retrouver ses racines loin du nord. Pendant ce temps, la conquête de la cité semble à portée de main pour le maître des lémures. Mais les projets mortifères de ses supérieurs vont faire vaciller ses plans… Parmi ces êtres aux destins entrelacés, qui prendra la tête de la ville sans vent ?
 

MON avis

J’avais eu un gros coup de cœur, assez inattendu, pour le premier tome de La ville sans vent (→ ma chronique) et je n’ai pas voulu trop tarder (pour une fois !) pour lire le deuxième et dernier tome de la série. Alors a-t-il été à la hauteur ? J’ai finalement envie de répondre oui et non à cette question puisque j’ai trouvé ce tome moins bon que le premier qui avait peut-être placé la barre un peu haut, mais il constitue tout de même une excellente fin à ce dyptique. Je vous explique tout ça plus en détails ! 

Une suite un peu moins convaincante que le premier tome…

(! attention la suite spoile la fin du tome 1 !)

Le tome 2 redémarre là ou l’action du premier s’était terminé et on retrouve Arka en chemin vers ses origines, la forêt des Amazones et Lastyanax sur ses traces. On continue également de suivre ce qu’il se passe à Hyperborée avec de nouveaux points de vue comme ceux de Pyrrha, d’Alcandre ou encore de Pétrocle depuis la prison où sont enfermés les mages. Ces multiples points de vue rendent une nouvelle fois le roman très riche en s’attardant sur des aspects politiques et sociétaux à Hyperborée, mais aussi sur le monde à l’extérieur de la ville, les conflits internes et externes et bien sûr les manigances des personnages. On en découvre plus sur les Amazones, un peuple très bien décrit dans leur ambiguïté. On comprend ainsi aisément la réputation cruelle de ce peuple, mais aussi l’amour qu’Arka peut leur porter. Grâce à ce voyage chez les Amazones, on en apprend plus sur le passé des personnages (notamment Arka et Alcandre) et les liens qu’ils ont entre eux, certaines révélations qui en découlent sont d’ailleurs assez savoureuses. C’est ainsi une nouvelle facette d’Arka que l’on découvre, différente de celle du tome 1, peut-être un peu plus mature, mais toujours aussi drôle et intrépide. La figure de l’antagoniste de l’histoire est également plus développée dans ce tome, ce qui est assez rare et casse le cliché du méchant sans âme uniquement capable de faire le mal.

Ce second tome apporte donc les réponses que l’on attend, mais il possède une intrigue beaucoup plus classique que le premier. Là où ce dernier pétillait d’inventivité et nous bouleversait à chaque page de péripéties et de rebondissements, le second tome est un peu plus convenu : les pages s’enchaînent avec moins de dynamisme que le premier et le dénouement est finalement amené assez vite sans beaucoup d’originalité. Il faut également dire que le fameux duo du premier tome : Arka et Lastyanax est séparé pendant toute la première moitié du roman. Si ces deux personnages fonctionnaient à merveille quand ils étaient ensemble en donnant énormément de peps au récit, ils sont moins lumineux séparément. Néanmoins, ces deux personnages sont toujours aussi attachants et la trame qui les concerne reste très intéressante, mais on perd une dynamique qui apportait beaucoup au tome 1 et qu’on peine à retrouver même une fois les deux personnages réunis. 

Mais une conclusion satisfaisante 

Il était finalement difficile d’égaler la qualité du premier tome et si je relève quelques défauts à ce second tome, c’est que mes exigences étaient assez élevées. SI je l’ai un peu moins aimé, il m’a quand même fait passer un très bon moment de lecture et m’a offert une conclusion très satisfaisante à ce diptyque. La plume d’Eléonore Devillepoix est toujours très agréable à lire et assez travaillée nous entraînant à tourner les pages avec beaucoup d’addictivité. Comme je le disais, elle continue de développer son univers lui apportant toujours beaucoup de richesse en étoffant les descriptions d’Hyperborée, mais aussi en décentrant son intrigue de la ville pour nous montrer ce qu’il se passe à l’extérieur. L’autrice en profite pour faire passez quelques messages avec beaucoup d’intelligence. Tout d’abord, la place de la femme est très bien mise en avant dans ce tome 2, particulièrement grâce au personnage de Pyrrha et à sa lutte pour bouleverser la société patriarcale d’Hyperborée. Une deuxième thématique, un peu plus étonnante, se cache dans ces pages et concerne l’endoctrinement. Ce n’est pas énormément développé dans le récit, l’autrice pose simplement des questions autour de l’endoctrinement laissant le lecteur à sa réflexion, ce que j’ai trouvé très à propos et très bien amené. D’autres thématiques bien adaptées à la cible du roman sont présents comme des notions d’amitié, de pardon, de choix et de sacrifice, par exemple. Si on tourne les pages de ce second tome très rapidement, c’est finalement avec un pincement au cœur qu’on les referme. Difficile de laisser derrière nous ces personnages hauts en couleur qui nous ont emmenés dans de savoureuses aventures, preuve de la qualité de ce dyptique et du fait qu’on n’aurait finalement peut-être pas dit non à un troisième tome ! 


Conclusion


Ce second tome reprend là où le premier nous avait laissé et on retrouve avec grand plaisir les personnages d’Arka, de Lastyanax, de Pyrrha, sans oublier Le Nabot ! A travers les multiples points de vue, l’autrice continue de développer son univers très riche, aussi bien en ce qui concerne la ville d’Hyperborée elle-même, mais aussi l’extérieur et notamment le clan des Amazones. Ce second tome possède néanmoins une intrigue beaucoup plus classique et convenue que le premier. La séparation du duo Arka/Lastyanax fait perdre un peu de peps et de dynamisme à l’intrigue même si les pages défilent toujours aussi vite. Ce second tome est donc globalement moins bon que le premier, qui avait placé la barre très haut. Il était ainsi difficile de l’égaler et ce second tome offre tout de même une conclusion très satisfaisante à l’intrigue si bien qu’il est difficile de quitter les personnages qui nous ont emmenés dans de savoureuses aventures. 

TB lecture

D’autres avis : Ombrebones – ?

2 réflexions sur “[Chronique] La ville sans vent – livre 2, d’Eléonore Devillepoix

  1. OmbreBones 18 avril 2021 / 6 h 15 min

    Merci pour le lien 🙂 moi j’avais eu le sentiment que c’était plutôt un seul roman coupé en deux d’où certaines faiblesses mais l’autrice m’a détrompée donc..

    Aimé par 1 personne

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