[Chronique] La ville sans vent, d’Eléonore Devillepoix #PLIB2021

 
 –La ville sans vent

« Depuis qu’elle avait quitté le glacier en suivant les indications du serpent, Arka avait marché une journée à travers la plaine sans détacher ses yeux de la ville, comme un papillon attiré par une lumière. Hyperborée. La cité des mages, chaude comme un éternel été, et si riche qu’on la disait pavée d’or. »


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La ville sans vent
Autrice :
Eléonore Devillepoix
Illustration : Guillaume Morellec
Éditeur : Hachette
Genre : Fantasy
Date de parution : 15 avril 2020
Nombre de pages : 447
Prix : 18 €
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#ISBN9782017108443
 
Synopsis
A dix-neuf ans, Lastyanax termine sa formation de mage et s’attend à devoir gravir un à un les échelons du pouvoir, quand le mystérieux meurtre de son mentor le propulse au plus haut niveau d’Hyperborée. Son chemin, semé d’embûches politiques, va croiser celui d‘Arka, une jeune guerrière à peine arrivée en ville et dotée d’un certain talent pour se sortir de situations périlleuses. Ca tombe bien, elle a tendance à les déclencher… Lui recherche l’assassin de son maître, elle le père qu’elle n’a jamais connu. Lui a un avenir. Elle un passé. Pour déjouer les complots qui menacent la ville sans vent, ils vont devoir s’apprivoiser.

MON avis

La Ville sans vent est le premier tome d’un dyptique de fantasy young adult et le premier roman de son autrice Eléonore Devillepoix. Ce roman a énormément fait parler de lui en 2020 et je dois avouer que je me méfiais beaucoup de cet engouement qui attisait en même temps ma curiosité. Et puis le roman a été sélectionné pour le PLIB2021 et j’ai donc décidé de lui donner sa chance. Grand bien m’en a pris puisque j’ai adoré cette lecture. 

Une imagination fertile

Cela faisait longtemps que je n’avais pas lu un aussi bon roman de fantasy catégorisé comme young adult. En réalité je pense que ce roman aurait très bien pu sortir au rayon adulte, car malgré le jeune âge des protagonistes principaux (13 ans et 19 ans), il propose une intrigue assez complexe et des thématiques qui peuvent parler à des adultes.

C’est son premier roman et pourtant Eléonore Devillepoix possède déjà une plume qui n’a rien à envier à des auteurs plus confirmés. La Ville sans vent est un roman très bien écrit, à l’écriture travaillée juste comme il faut, lui permettant de rester légère et ponctuée de beaucoup d’humour. Les dialogues sonnent également assez juste, ce qui n’est pas forcément le cas dans beaucoup de romans young adult que j’ai pu lire. On sent à travers l’écriture de l’autrice une imagination extrêmement fertile qui s’appuie sur de nombreux concepts déjà vus pour nous offrir un monde d’une grande originalité. Ainsi le titre du roman fait référence à Hyperborée, une ville construite sur 7 niveaux auxquels on accède par le biais de canaux et sur le dos de tortues. Chaque niveau correspond à une classe sociale de la population, le niveau le plus élevé étant réservé à l’élite que sont les mages. S’il n’est pas évident de visualiser cette ville tant sa construction est complexe, elle n’en est pas moins extrêmement dépaysante et fascinante. L’autrice a également créé un système de magie assez original même s’il n’est pas extrêmement développé dans ce premier tome. L’intrigue se déroule en grande partie au 7e niveau où l’on va suivre Lastyanax, un jeune mage qui vient de terminer sa formation et Arka, jeune fille bien mystérieuse à la recherche de son père qui serait lui aussi un mage.

Une intrigue foisonnante

Si le synopsis ne révèle pas grand-chose de l’intrigue et qu’on peut donc s’attendre à une histoire assez convenue dans un monde, certes, original, il n’en est rien. Eléonore Devillepoix nous propose une intrigue extrêmement foisonnante portée par des personnages délicieux à suivre. Dès les premières pages, les péripéties s’enchaînent pour nos deux protagonistes. On apprend à les connaître d’abord séparément et à apprivoiser l’intrépidité d’Arka et l’ambition et le sérieux de Lastyanax, puis c’est côte à côte qu’on les retrouve pour mener une enquête qui les dépasse. L’autrice joue sur les caractères très ambivalents de ses protagonistes pour former un duo extrêmement drôle et attachant qui s’accorde finalement assez bien. L’autrice joue également beaucoup avec le caractère de ses personnages secondaires pour offrir des personnages gris dont on ne connaît jamais vraiment les intentions. Elle ménage ainsi le suspense et la tension de son intrigue qui se révèle être bien plus complexe et sombre qu’elle n’y parait. Entre les complots politiques qu’ils soient internes à la cité, mais aussi externes, les vengeances personnelles, les révélations quant au trouble passé d’Arka et les manipulations, l’intrigue va de rebondissements et rebondissements sans aucun temps mort. Malgré l’humour et la légèreté qu’il s’en dégage, elle possède également une facette assez sombre et de très forts enjeux rendant la lecture addictive. L’autrice aborde également la question de la place de la femme en ajoutant à son système de caste une société extrêmement patriarcale. J’ai été très agréablement surprise de trouver cette thématique ici d’autant plus que l’autrice défend la place de la femme de manière à la fois subtile et affirmée.

Malgré tout, ce roman n’est pas dénué de défauts et mon enthousiasme est un peu retombé à la toute fin du roman que j’ai trouvé trop rapide. J’ai eu l’impression que les derniers chapitres étaient moins travaillés apportant un petit lot d’incohérences et de facilités scénaristiques. Je dois dire que j’étais tant enthousiasmée par cette lecture, que ces défauts qui auraient pu être évités facilement m’ont peinée. L’autrice avait évité jusque-là beaucoup d’écueils et j’aurais aimé que ça soit le cas jusqu’au bout. Cependant, cela faisait longtemps que je ne m’étais pas autant amusée pendant une lecture, j’ai pris énormément de plaisir à suivre les aventures des deux personnages et c’est bien le plus important !


Conclusion


La Ville sans vent est le premier roman d’Eléonore Devillepoix, une autrice dont on sent déjà poindre une imagination extrêmement fertile. Ce roman reprend des concepts connus comme la division de la société sous forme de castes et répartie au sein de plusieurs niveaux pour nous offrir un univers original et fascinant associé un système de magie assez intéressant. L’intrigue suit deux personnages savamment construits qui forment un duo assez loufoque et particulièrement attachant. Il est extrêmement agréable de suivre ces personnages dans une intrigue bien plus complexe qu’elle n’y paraît au premier abord remplies de manipulations, de complots politiques et de secrets de famille. Le récit nous emmène sans aucun temps mort de rebondissements en rebondissements, mais n’en ai pas moins doté d’un côté sombre, de forts enjeux et de messages importants comme la question de la place de la femme dans la société. Quelques incohérences et facilités scénaristiques viennent un peu ternir le tableau, mais La ville sans vent n’en est pas moins l’un des meilleurs romans young adult de ces derniers mois !

petit coup de coeur

D’autres avis :  My dear ema – Les voyages d’Ely – Laura des mots – Once Upon a Book – Muffins and Books – Les lubies d’EoleOmbrebonesLes lectures de MylèneSaiwhisper – ?

19 réflexions sur “[Chronique] La ville sans vent, d’Eléonore Devillepoix #PLIB2021

  1. OmbreBones 6 janvier 2021 / 7 h 13 min

    Merci pour le lien ! Je comprends ta frustration sur les éléments de la fin, je trouve que ça se rattrape dans le tome 2. D’ailleurs ça m’a poussé à croire que c’était un one shot à l’origine qui a été coupé artificiellement mais l’autrice m’a dit qu’elle en a fait un dyptique depuis assez tôt donc 🤔 enfin que c’est pas l’éditeur qui lui a dit de couper, elle a pris la décision elle même avant les envois quoi, si j’ai bien saisi.

    Aimé par 1 personne

    • Sometimes a book 6 janvier 2021 / 21 h 37 min

      Ca me rassure de savoir que ça se rattrape dans le tome 2 ! Mais je comprends, moi aussi pendant une grande partie du roman je me suis dis que la construction me faisait vraiment penser à un one-shot, c’est étrange cette volonté de l’autrice d’avoir voulu couper…

      Aimé par 1 personne

      • OmbreBones 7 janvier 2021 / 6 h 17 min

        Yep après si c’est vraiment son choix bah je respecte même si clairement un one shot ça m’aurait davantage parlé sur ce texte 🤔

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  2. tampopo24 6 janvier 2021 / 7 h 13 min

    Ohlala quelle belle chronique : une imagination débordante et une intrigue foisonnante, deux arguments qui pèse pour bien me tenter. Il faut vraiment que je le lise en ce début d’année !

    Aimé par 2 personnes

    • Sometimes a book 6 janvier 2021 / 21 h 38 min

      Oui le travail éditorial est très réussi et c’est d’autant plus plaisant quand l’intérieur vaut le coup comme ça !

      J'aime

  3. Baroona 6 janvier 2021 / 19 h 58 min

    Je ne sais pas pour l’intérieur, mais l’extérieur est très joli. Dommage que ça ne soit pas un one-shot, mais qui sait, selon ton avis sur le deuxième tome ça pourrait s’envisager dans un coin de mon esprit, pour changer. En espérant pour toi que le second volume ne sera pas dans la droite lignée de la fin de celui-ci. ^^’

    Aimé par 1 personne

    • Sometimes a book 6 janvier 2021 / 21 h 41 min

      D’après ce qu’on m’a dit, le tome 2 ne tombe dans les défauts de la fin du 1 donc j’ai de l’espoir, je vais essayer de le lire assez vite ! En tout cas ça m’étonne de te voir envisager ce genre de roman 😁

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  4. Callysse 7 janvier 2021 / 7 h 20 min

    Hâte de le lire. J’espère autant l’aimer que toi 🙂

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  5. lespagesquitournent 8 janvier 2021 / 21 h 18 min

    Merci pour le lien ! 🙂
    Je comprends que tu aies ressenti un petit coup de coeur ! Ce premier roman est une pépite ! Quelle imagination !!!

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  6. dormeuseduval 4 mars 2021 / 1 h 02 min

    C’est un coup de coeur aussi pour moi! Je vois ce que tu veux dire, la fin semblait un peu bâclée dans le sens que tous les évènements s’enchaînaient sans laisser le temps d’en voir la cohérence.
    Et ce que tu dis par rapport à sa plume surprenante pour un premier roman, cela me fait penser que même si c’est sa première oeuvre publiée elle a dû écrire pendant des années avant, ce qui lui a permis d’atteindre ce style.

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