[Chronique] C’est l’inuit qui gardera le souvenir du blanc, de Lilian Bathelot

C'est l'Inuit

« Je respire lentement par la bouche. Je dirige mon souffle sur le petit tas de neige que j’ai déposé juste devant mes lèvres pour éviter que de la vapeur se forme. Je respire bien. L’air glacé me brûle la poitrine. J’ai froid, mais je reste calme. Je suis immobile. Comme un bloc de glace. Je suis un bloc de glace. »


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C’est l’Inuit qui gardera le souvenir du blanc
Auteur :
Lilian Bathelot
Illustration : Leonard Dupond
Éditeur : Le navire en pleine ville / Pocket
Genre : Science-fiction / Thriller
Date de parution  : 2006 (grand format) / 19 novembre 2020 (poche)
Nombre de pages : 251 (poche)
Prix : 7,30 €
 
Synopsis
2089, dans une société hypertechnologique, tous les habitants de la planète sont reliés au réseau de surveillance de leur zone gouvernementale. Les territoires inuits, pourtant, ne suivent pas la règle commune ; là, pas de surveillance, une certaine liberté et de grands espaces sauvages où l’on peut retrouver la nature et des gestes ataviques. Les gouvernements planétaires tentent désespérément de trouver une parade à cette indépendance qui a, semble-t-il, fort à voir avec les narvals, et leur sonar si particulier. La jeune chercheuse inuit Kisimiippunga vient de terminer le rite ancestral de la Première Chasse. Alors qu’elle est seule au milieu de nulle part, elle voit surgir un traîneau sur lequel elle découvre un Européen blessé. Qui est-il et que vient-il faire ici ?
 

MON avis

Initialement paru aux éditions Le navire en pleine ville, C’est l’Inuit qui gardera le souvenir du blanc a été retravaillé pour sa sortie en poche chez Pocket Imaginaire en fin d’année 2020. 

Comme son titre assez intriguant peut le laisser penser, C‘est l’Inuit qui gardera le souvenir du blanc est un roman atypique, très court en termes de nombre de pages, mais pourtant intense en action et en émotions. L’auteur réussit en seulement 251 pages à faire vibrer le lecteur, à lui transmettre des émotions fortes et à l’emmener dans un cadre futuriste à la technologie bien pensée et réaliste. Car ce thriller d’anticipation se déroule en 2089 dans une société où la technologie s’est tellement développée que des puces sont implantées dans chaque être humain entraînant une surveillance constante de la population. Seules quelques zones ont gardé une indépendance comme c’est le cas du territoire Inuit où se déroule une grande partie de l’action du roman. L’histoire alterne entre le point de vue de Kisimii, chercheuse inuit partie effectuer sa première chasse et celui de Damien Coste, un français travaillant pour la sécurité nationale et enquêtant sur la disparition d’un de ses collègues. Comme on s’en doute, le destin des deux personnages vont se retrouver indirectement liés… 

C‘est l’Inuit qui gardera le souvenir du blanc est écrit avec une plume extrêmement simple et vive qui ne perd pas de temps en explications et nous emmène dès les premières pages dans l’action. Les phrases très courtes et ponctuées de nombreux dialogues ainsi que les chapitres de seulement quelques pages rendent le récit extrêmement dynamique. J’ai eu un peu de mal à rentrer dans l’histoire dans les premières pages du roman, car l’auteur ne donne aucune explication sur l’univers rendant l’entrée dans le récit un peu abrupte mais, une fois pris dans l’action, le rythme devient très vite haletant. L’auteur ne dévoile ainsi pas toutes ses cartes dès le départ, mais les distribue peu à peu faisant monter la tension petit à petit jusqu’à un final explosif. L’univers peut paraître un peu flou, car il est assez peu développé et représente surtout le contexte de cette histoire, mais les technologies mentionnées ne semblent pas extravagantes et s’insèrent bien dans l’univers. Le récit nous offre également une critique bien pensée de ce que pourrait devenir notre monde du fait des dérives d’une hypersurveillance. Si ce roman se dévore d’une traite, la rapidité de l’action rend cependant certaines scènes un peu difficiles à bien visualiser et crée un flou en ce qui concerne le cadre spatio-temporel. 

Mais plus qu’un simple thriller d’anticipation à la super-technologie, ce roman est avant tout une histoire profondément humaine et je ne m’attendais pas à trouver autant d’émotions en si peu de pages. L’auteur gère extrêmement bien le développement de ses personnages et surtout celui de Kisimii, rendant la jeune Inuit très attachante. Le danger permanent qui entoure les personnages est vraiment bien mené alternant entre moments de tension extrême et moments de répits. La fin offre également de beaux retournements de situation qui fonctionnent extrêmement bien pour tirer quelques larmes au lecteur ! J’ai donc été ravie de découvrir ce roman qui ne souffre absolument pas de son peu de pages et qui propose une histoire parfaitement adaptée à son format sans causer de frustration, même si l’univers pourrait parfaitement être encore exploité dans d’autres récits. 


Conclusion


C’est l’Inuit qui gardera le souvenir du blanc est un thriller d’anticipation qui nous emmène en 2089 dans un futur hyperconnecté où chaque être vivant fait l’objet d’une surveillance constante. Lilian Bathelot nous livre ainsi une critique de cette société hypersurveillée dans un récit touchant et profondément humain. L’intrigue est extrêmement bien menée, dynamique dès les premières pages, elle devient bien vite haletante et addictive. L’action est omniprésente dans ce récit offrant des scènes de tensions extrêmes digne d’un très bon thriller et des scènes plus intimistes et émouvantes. Si l’univers reste assez peu développé et en toile de fond du récit, les personnages principaux et surtout celui de la jeune Inuit Kisimii, sont très convaincants. Sans même qu’on s’en aperçoive, les 251 pages de ce court roman suffisent à nous faire aimer ce personnage et nous offrent un histoire complète qui n’aurait rien à envier à un roman de 500 pages. 

TB lecture

Je remercie les éditions Pocket pour l’envoi de ce roman en service-presse

D’autres avis : TachanUn bouquin sinon rien – ?

2 réflexions sur “[Chronique] C’est l’inuit qui gardera le souvenir du blanc, de Lilian Bathelot

  1. tampopo24 17 février 2021 / 11 h 26 min

    Merci pour le lien 😉
    J’ai aussi beaucoup aimé l’univers et l’ambiance de ce titre alors que j’appréhendais avec son format court mais finalement l’autrice le gère parfaitement !

    J'aime

  2. Baroona 17 février 2021 / 18 h 41 min

    À chaque chronique que je lis sur ce livre, mon envie augmente. Je le lirai un jour, c’est sûr. En plus 250 pages c’est très bien : ce n’est pas court, ce sont les autres qui sont trop longs. =P

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